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MON TRUC EN +
Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
Non classé | 31.03.2014 - 23 h 00 | 0 COMMENTAIRES
Les sidatoriums

Cela faisait longtemps que je voulais écrire sur le Front National. Je pense que c’est le moment.

il est de rigueur de dire que le FN a fait peau neuve, sur le sida, quelle est leur passif ?

Terrible !

C’est bien Jean Marie Le Pen qui a une heure de grande écoute à proposé de nous parquer dans des « sidatorium ». Que nous transmettions le virus par nos larmes, notre transpiration.

Est-ce là un coup de folie ? Non, des propos pensés, pesés, puisqu’il les avaient prononcé devant son chargé de communication une semaine avant.

Mais Le Pen provoque, il ne sait faire que ça du moment que ça lui sert. Surfer sur  les peurs, et il y a 30 ans, des peurs sur le VIH, il y en avait.

Le Pen n’est pas à la ville comme en public, des pédés y en a autour de lui et il s’en tape… HYPOCRITE  !

 

Alors Marine maintenant, elle s’est belle et bien un fille a pédés, elle en a une cargaison dans ses amis et personnes qui la soutiennent politiquement. C’est une fêtard.

 

« Oh Marine, du moment qu’il y a du champagne et des clopes, elle est heureuse . »

 

Mais voilà, être comme l’on est en privée ne la dédouanera pas de ce que son parti proposé et défend sur toutes les questions de santé et le VIH en particulier.

– Arrêt des visas pour raison médicales

– Suppression de l’AME (Aide Médicale d’Etat) permettant aux sans pap’ bah de pas crever trop vite et de bénéficier du MINIMUM de ce que le système de soins français propose.

Il est à préciser que ce dispositif ne coûte que 900 millions d’euros.

Bref, ou en gros, le FN ne propose rien, n’a jamais planché sérieusement sur le sujet et quand c´est pour l’ouvrir, c’est criminel et dangereux.

Bilan, entre un Maire gay et un haut responsable atteint du rhume du siècle, c’est pas parce qu´ils sont plus beaux que ça va les rendre moins dangereux.

Amis pédés je n’arrive toujours pas à comprendre ceux qui se sont jetés à corps perdu dans le ventre de la bête.

Non classé | 26.02.2014 - 11 h 50 | 3 COMMENTAIRES
Les étés en chimiothérapie

Les ratés et inconvénients de mes précédents traitements eurent un impacte important sur mon corps, j’ai contracté une forme de cancer de la peau appelé Sarcome de Kaposi.

BIM ! Et voilà, contaminé après l’arrivée des tritérapies, faut que je me tape un maladie opportuniste qui symbolise le plus les années noires du Sida, c’est ma veine.

J’ai mal géré ma mise sous trithérapie, des médicaments qui ne m’allaient pas, un bouleversement de vie qui m’a dépassé, j’ai au final tout fait voler en éclat, la crise que je pensais salvatrice, hors ce fut ma plus grande erreur.

Quand le (nouveau) médecin que je me suis choisi diagnostique les tâches et ce qu’elles sont, je dois avouer que je n’ai pas sur le moment vraiment pris conscience de ce que c’était. Je n’avais que deux petites tâches, ça faisait pas mal, bref, c’était vraiment rien.

Un mois après je faisais ma première chimiothérapie.

Le 31 décembre me voilà donc à l’hôpital pour ma première séance de chimiothérapie sachant que trois étaient au programme. Il ne fallait pas trop traîner, car bien que les tâches étaient minimes, une nouvelle venait de se former sur mon visage, en me rasant les cheveux j’ai découvert que mon crane en était recouvert et des lésions c’étaient formées sur mon tube digestif, car ce petit con peut aussi se développer à l’intérieur, LE CON.

Je rentre à la maison, un peu sonné, j’ai l’impression de vivre une autre vie, ce ne pouvait pas être moi qui venait de passer toute une après midi à l’hôpital avec dans le bras une perfusion de chimiothérapie, c’était incongru. Je passe la pire soirée (de réveillon du nouvel an, ne l’oublions pas) qui soit, fièvres à répétition, douleurs, un truc cloche. Le lendemain j’appel le médecin, rendez vous est prit le jour même.

Effectivement, quelque chose à bien cloché, j’ai fait une allergie à la chimiothérapie (bah voyons !), il change le protocole, et me revoilà deux semaines après à me refaire perfuser « pour la première fois », car oui, il faut reprendre au début, c’est trois injections du même produit, la première ne compte pas (bah voyons!²).

Je termine docilement cette chimiothérapie avec le sentiment de l’acte accompli, c’est bon, c’est fait, merci et au revoir… pour le moment. Le temps passe, mais la vie n’est pas toujours tranquille, elle. Je trébuche, je chute, je suis presque à terre. Quand une personne vivant avec le vih trébuche, c’est souvent le traitement qui en prend en coup, plus envie de le prendre avec des « à quoi bon », « pourquoi faire » « fait chier celui là ! ». C’est pas une règle, mais c’est quelque chose qui arrive, certains se reconnaîtrons surement.

J’ai trébuché, je me suis relevé sauf que maintenant il faut passer à la caisse et payé cash. j’ai stoppé mon traitement sans l’accord de mon médecin, maintenant il s’agit de régler la note, elle va être salée. Le Kaposi est de retour.

C’est à mes yeux maintenant que tout commence (ou se termine, c’est selon les jours). 

Juin/Juillet 2012 le médecin décide qu’une deuxième chimiothérapie est nécessaire, et il a raison. Les tâches sont là, elles sont bien là, et moi je commence à très mal le vivre, je compte et recompte leurs présence sur mon corps, elles commencent à m’obnubiler.

En écoutant le médecin, la chimio sera moins forte et vous, vous entendez « moins chiante », ce qui est une vue de l’esprit. Un produit peut être moins fort, il n’est pas dit que les effets secondaires seront moins importants. Comme la première, trois injections sont au programme.

#1èreInjection

C’est la même infirmière que la précédente fois qui s’occupe de moi, chouette, ça tombe bien je l’adore. C’est une infirmière douce et tonic, elle est sans concessions mais elle sait aussi entendre.

Il faut se représenter ce que peut être une après midi (13h-18h) à l’hôpital, c’est d’un chiant, mais d’un chiaaaaaaant ! Vous tourner, et vous retourner partout, vous lisez, vous dormez, vous lisez… et… vous fumez, beaucoup.

Je rentre enfin, un peu froissé, mais ça va encore, vous savez qu ce sera demain que les hostilités vont commencer. BINGO !

Demain est un Enfer, je n’existe plus, mon corps n’est plus, et mon esprit n’est encore là que pour être conscient des nausées et de la douleur.

#2èmeInjection

Mon médecin n’est pas là, il est en vacances (logique, nous sommes en Août) à Brighton (Ah oui, peut-être ne vous l’ai-je pas précisé, mon médecin est pédé). C’est donc une consœur qui va le remplacer.

Comment dire ? Cette femme est la représentation la plus puante, la plus ignoble, la plus hallucinante de la médecine. Elle sait tout, elle est dans SON monde, elle n’entend rien et en plus de ça, elle vous rembarre avec des explications aussi idiotes que Dora l’exploratrice.

J’avais un problème, mon dos me faisait mal, très mal, à m’en faire pleurer. Son explication était simple « votre lit est de mauvaise qualité ».

Bon, comme c’était pas avec une aiguille dans le bras que j’allais pouvoir lui sauter au cou, je me suis tue, et j’ai laissé couler.

Deux jours après j’étais aux urgences parce que la douleur étant si intense que je voulais m’en arracher la colonne vertébrale. Le médecin des urgences ma confirmera bien que cette douleur est un effet secondaire de la chimiothérapie, j’en ressors avec des antalgiques assez forts pour endormir 10 chevaux.

#3èmeInjection

J’arrive à l’hôpital la bouche en cœur, et c’est avec un voix mielleuse que je demande à l’infirmière d’interdire au docteur P**** d’entrer dans ma chambre, de m’approcher, de me parler, bref, de s’occuper de moi. je lui explique la raison, elle ne dit rien, mais elle comprend bien le pourquoi. Je n’aurais plus à revenir sur l’incompétence de ce médecin qui n’a pas été en mesure d’entendre une souffrance, parce que pour certains médecin, le traitement vaut plus que le patient.

C’est une peu une manière d’adapter à la médecine le fameux et si horripilant « il faut souffrir pour être belle ! »

Deux semaines après l’injection, j’ai envie de m’éclater, il fait beau, il fait chaud, y a des amis et un joli garçon à coté de moi (oh ne vous excitez pas, c’était un touriste portugais, il n’allait donc pas rester bien longtemps). Bref, je vais sortIIIIIIr, direction Disneyland ilico !

La journée se passe bien, le pied total, on imagine pas à quelle point c’est un bonheur de pouvoir profiter de son énergie et de son corps enfin retrouvé.

Une marque au milieu du dos apparaît, je fais un malaise au boulot et donc je rentre chez moi. Deux jours après, le médecin m’annonce que, ayant le corps faible (la chimiothérapie fait baisser le nombre des globules blancs -ceux chargés de vous défendre avec leurs petits bras musclés-) et que exposé à un stress important, je suis en train de développé un Zona -Bonheuuuuuuuuuuuu !-

En gros, et pour faire simple, je vais rester 2 mois allongés parce qu’un virus de merde que j’ai attrapé il y a 25 ans (le virus du Zona s’attrape en même temps que celui de la varicelle) à décidé de faire surface et me me tordre de douleurs, car oui, le Zona n’est pas que chiant, il est douloureux, affreusement douloureux. il faut imaginer des spasmes qui vous contractes et où vous ressentez la douleur d’un coup de couteau dans le dos.

Le temps passe et rien n’est encore terminé, il faut faire le bilan de la chimiothérapie.

Un bilan sans nuances, la chimiothérapie n’a eut aucun effet.

Je demande au médecin si’il faut que je me prépare à une énième chimio, j’y suis plutôt pour … moi ces marques sur le corps, je commence à de moins en moins les supporter. Il refuse.

QUOI ? Tu refuses enculé de ****** ? Non mais oh, je suis quoi moi ? Je suis qui ? D’où tu prends cette décision à ma place (vous sentez la colère là ?). bah oui, il refuse parce que vraiment mon corps est trop faible et que c’est un risque qu’il ne veut pas prendre, donc va falloir attendre encore un peu.

Un peu ? Au final je vais attendre un an.

Au bout d’un an donc mon médecin et moi programmons une 3ème chimiothérapie, celle-ci se fera en 6 séances (les précédentes c’était 3) elle occupera tout mon été… et un peu plus encore.

J’ai traversé cette chimiothérapie comme un long tunnel sans fin, je me suis bouché le nez et j’ai marché.

Supportant les nausées, les douleurs articulaires, les longues séances d’injection ou le temps semble si long.

Elle fut la plus compliquée, celle qui m’aura le plus marqué.

Surement celle qui aura cassé un truc en moi.

 

 

 

 

 

Non classé | 16.07.2013 - 17 h 03 | 0 COMMENTAIRES
Les Tontons Macoute selon Yamina.

[Les] «escadrons de porteurs du sida montraient une volonté de contaminer plusieurs générations de femmes dans l’est de la RDC»

Yamina Benguigui

 

Vue de France, cette expression va faire plaisir, la France enfin s’engage avec force contre les viols des femmes en République Démocratique du Congo.

Vue de chez moi, elle fait l’effet d’une bombe.

Décryptons.

Yamina Benguigui, Ministre déléguée à la Francophonie, considère que dans ce pays, des être humains sont utilisés dans un programme concerté pour procéder à des contaminations volontaires de femmes.

Depuis que l’homme se fait la guerre, il a toujours fait subir aux populations (qui ne demandent rien) le plus fort préjudice, les femmes étant comme d’habitude les premières et celles payant le plus lourd tribu. Donc, la situation en RDC n’a rien d’étonnant, elle reste néanmoins à mes yeux tout aussi choquante, mais comme en politique étrangère il ne faut jamais regarder plus loin que le bout de son nez, nous européens, ne nous posons jamais la question de notre responsabilité dans ce désordre innommable. Le passé colonial européen a laissé des traces, le présent aussi.

A force de faire des conférences ici, il est assuré que la situation ne va pas se résoudre là bas.

Bon, ça c’est pour mon -petit- avis sur la situation politique du pays. Maintenant le propos en lui même.

Comme la situation des femmes en RDC est préoccupante, la course à l’échalote politique est ouverte. Valérie Trierweiler étant présente elle aussi en RDC,  et pour que la voix de la Ministre porte encore plus loin, plus fort surtout, il lui fallait en urgence trouver une formule linguistique acceptablement plus percutante, audible, bref, passant au-dessus de la Première Dame, et qui aille dans le bon sens de la communication politique.

Sauf que la Ministre vient de rater une occasion de se taire.

Si un soutien aux femmes victimes de violences en RDC est urgent en structures communautaires d’accompagnement psychologique, social, financier et médical. Ce soutien ne peut pas se faire à n’importe quel prix, pas sur le dos des séropositifs, car dans le discours de Yamina Benguigui, il y a bien l’idée sournoise du bon et du mauvais séropositif.

La bonne victime face au méchant contaminateur.

Bref, un débat qui occasionnellement revient aussi en France.

Son utilisation abusive du terme « escadron » (comme existant en Amérique du Sud) laisse planer l’idée d’une organisation militaire, en régiment(s) de soldats séropositifs chargés d’aller violer un peu partout et de transmettre le virus du Sida à toutes les femmes des provinces Nord et Sud Kivu. Combien d’entre eux se savent séropositifs ?

En RDC 15% de la population a fait un test en connaissant le résultat (quand en France nous en pratiquons 5 millions), est-il possible de croire que dans ces 15% il n’y a que les hommes pratiquant les viols punitifs ?

S’il est vrai que le viol est utilisé comme d’une arme de répression social envers les femmes, croire que des hommes organisés contaminent des femmes volontairement, relève du très clairement du fantasme. C’est soulever l’idée de l’utilisation du vih comme d’une arme « biologique ». La vulnérabilité des femmes au vih n’a pas besoin de cette théorie complotiste pour être prouvée. C’est méconnaître la situation des personnes séropositive dans cette région du monde. Et pour une Ministre, c’est grave.

Agir plus efficacement pour que l’accès aux anti-rétroviraux à toutes les personnes entrant dans les critères d’un besoin de traitement.

N’oublions pas qu’en RDC sur 1 million de personnes vivent avec le VIH, 65000 ont accès à un traitement ARV, ce qui représente 15% des personnes séropositives dont l »état de santé nécessite un traitement.

La Ministre française déléguée à la Francophonie vient dans un pays tiers pour y dénoncer des pratiques qui ne sont pas démontrées. Par ces propos elle jette un voile d’opprobre sur des séropositifs qui dans ce pays, mais comme ailleurs sont victimes de discriminations.

 

Utiliser la séropositivité des uns pour porter le combat des violences faites aux femmes relève de l’amateurisme.

Utiliser la séropositivités des uns pour pouvoir faire porter sa voix plus haut que la compagne du Président de la République au détriment des autres relève de la faute.

 

«Tout ce qui est excessif est insignifiant.»

Charles-Maurice de Talleyrand

 

 

Non classé | 17.12.2012 - 16 h 32 | 2 COMMENTAIRES
Le Chevalier s’en est allé.

Bruno-Pascal Chevalier vient de partir.

Je consulte rapidement mon Facebook quand ma colocataire partage un statut, l’annonce du décès d’un militant, pas n’importe lequel, un vieux de la vieille, un acharné.

Souvent croisé, j’étais intrigué, mais qui est-il ? Qui est ce monsieur, qui semble être un pilier, un de ceux qui « font » …

Le déploiement de patchworks était une de ses actions, touchante et émouvante, qui interpelle,  fondamentale. 

Les morts du sida n’étaient pas oubliés, les anciens, ceux qui étaient morts dès le début, ceux qui sont maintenant dans notre histoire. Ceux qui sont notre histoire.

Il faut avoir participé à un déploiement du patchwork des noms pour mesurer l’importance de ces moments, certains diront que c’est larmoyant, oui, des gens pleurent, d’autres se recueillent, mais au moins, les noms qui y sont égrenés ne sont pas oubliés.

Rien de pire que l’oubli, c’est une double mort.

Et puis 2008, il fait la une des journaux télévisés. Contre les franchises médicales, il fait la grève des soins. La coupe est pleine, cette réforme qui fait payer (culpabiliser ?) les malade, par ce qu’ils sont malades l’insupporte, ajouter de l’injustice à l’injuste le pousse à mettre sa vie en danger. Il ne prendra plus ses médicaments pendant 9 mois (vidéo). Un rendez vous avec la Ministre de la Santé de l’époque (Roselyne) qui le sermonnera « comme une maman » -me dira t-il- rien y fait, la réforme passe, la Gauche est maintenant au pouvoir et rien n’est à l’agenda du Gouvernement pour supprimer cette disposition.

Et puis un jour de novembre 2010 il me contact sur Facebook, il a envie de publier sur internet mon témoignage, un de plus, mais qui pour lui semblait important « c’est bien que les jeunes le fassent aussi » … j’était impressionné, lui qui est passé par tant de choses, et moi si peu, bref, j’ai accepté, forcément.

Je le retrouve lors d’une cérémonie du souvenir organisée par Sidaction, à l’Artère dans le jardin de La Villette, monument de vie et de souvenir du Sida, ce lieu existe, trop oublié lui aussi … -si les lieux de mémoire sont eux aussi oubliés c’est qu’il y a encore du boulot- il est plus que jamais offensif, tendre, sa voix reconnaissable entre toutes (voyez Macha Beranger, et bah pareil), celle qui fait prendre conscience qu’il ne lâchera jamais rien.

Sa dernière lutte, il manifestait pour l’ouverture du mariage, l’adoption et la PMA, s’était hier.

Il s’en est allé aujourd’hui.

 

Non classé | 20.11.2012 - 20 h 08 | 2 COMMENTAIRES
Lettre au Président de la République

Beaucoup ont été choquéEs des propos de François Hollande ce soir devant le Congrès des Maires de France.

 

Nombreux, nous avons via le site de l’Elysée envoyéEs un courrier à la présidence de la République.

Bien que cela n’a rien a voir avec le vih ou la séropositivité, les luttes sont liées

 

« Monsieur le Président de la République,

Vous venez de « reconnaître » un droit de conscience aux Maires concernant l’ouverture du mariage pour les couples de même sexes.

Cet engagement, le votre, symbolisant une immense avancée (d’autres sont encore à faire, mais celle ci est importante) est aujourd’hui entachée par l’outrance et l’insulte.

Ce week end, des manifestations oû des propos insultants, graves voir des délits ont été à regretter.

Nous sommes présentés comme des dangers, des sous citoyenNEs, des pervers, bref, des gens qui ne mériteraient aucun respect.

Cela est assez, je ne supporte plus cela et vous deviez agir.

Au contraire, vous avez validé l’idée que cette avancée pouvait être à géométrie variable. Et ce n’est pas acceptable.

Accorder une « clause de conscience » qui juridiquement est creuse étant donné qu’aujourd’hui, déjà, la plupart des mariages ne sont pas célébrés par les Maire mais par leurs Adjoints ou par délégation aux Conseillers municipaux, vous êtes rentré dans leur « jeu » qui pour moi, pour nous n’en est pas un.

Au lieu d’affirmer, fermement votre détermination, vous avez donné du terrain à vos détracteurs, à nos opposants. C’est politiquement mal pensé et au final vous n’en sortirez pas plus grand, voir même abaissé, nous ne retiendrons de vous que cette faiblesse au lieu de vous reconnaître être celui qui aura ouvert le mariage à toutes et tous.

Monsieur le Président de la République vous êtes en train de perdre une bataille et votre victoire sera misérable.

Veuillez croire en mon consciencieux respect.

Kévin Gagneul »

 

Le 16 décembre, manifestons pour nos droits, pour notre respect, pour nos amantEs, nos futurs compagnes et compagnons, nos parents, nos enfants et nos futurs enfants, pour nos amiEs, pour nous aussi.

 

 

Non classé | 19.12.2011 - 02 h 52 | 19 COMMENTAIRES
Le désenchantement.

Ce mot s’impose à moi, celui de cette chanson de Mylène Farmer, notre mère à toutes et tous (sauf à certainEs).

Le mouvement associatif LGBT (et d’autres lettres encore…) est inséparable de la lutte contre le Sida, elle est génétiquement inscrite -souvent dans les statuts même- des associations luttant pour l’égalité des droits et la lutte contre les LGBTphobies.

Ce milieu là est souvent décrié, rayé par nombres de personnes sans le connaitre, sans savoir que des gens, militants, donnent du temps, beaucoup de temps pour une cause, des causes qui ont eu pour conséquence de bénéficier à l’ensemble des LGBT et même des hétérosexuelLEs, la dépénalisation de l’homosexualité et la création du PaCS sont les deux exemples les plus significatifs. Nous ne vivons pas dans un monde idéal, beaucoup de choses restant encore à faire. Voilà pourquoi les militants d’aujourd’hui, sont les héritiers des ceux d’hier.

Autour de moi j’ai souvent entendu des critiques que je ne comprenais pas, que je ne partageais pas. Un monde clôt, fermé, incompréhensible qui avait donné comme impression de parler au nom de tout le monde.

Les critiquer oui, mais avec respect.

Le critiquer il le faut, une critique constructive restant bien meilleure. La présence de mouvements un peu plus « radicaux » ont l’avantage de permettre de ne pas nous endormir sur nos acquis tel que nous avons eu à le vivre avec le vote du PaCS, le soufflet était retombé,  nous avions la reconnaissance de nos couples, la vie était belle. Seulement il nous a été difficile de reprendre notre bâton de pèlerin et de retourner au combat pour exiger bien plus d’égalité car au fond, nous restions encore des citoyens de seconde zone.

J’ai parlé d’héritage, et je le revendique. A mes yeux, le commencement de l’ère militante débute avec Magnus Hirschfeld dans l’entre deux guerre, une pause entre l’arrivée d’Hitler a la tête de l’Allemagne et la libération de l’Europe. A partir de ce moment là, un processus long, intense s’est enclenché.

Pourquoi ce rappel?

Parce que cela n’est pas enseigné dans les manuels scolaire, ce n’est pas comme dans toutes les familles ou la grand mère raconte ce qu’elle vivant du temps ou sa mère était là. Une transmission qui n’a pas lieue dans notre histoire collective et dont notre vie aujourd’hui découle.

Ce mouvement militant fut traversé par une forte envie de bouleverser la société, les codes, les carcans dans lesquels « nous » étions. Le mouvement féministe avant beaucoup avancé, nous y avions contribué, il était temps pour nous aussi de récolter le fruit de nos mobilisations. Dans ce mouvement qui voulait révolutionner le monde, il y avait un coté subversif, pas comme les autres. Nous n’étions pas les autres, alors pourquoi vivre et penser comme eux. Aujourd’hui certains penseront que c’était d’affreux gauchistes mais après tout, ils bougeaient eux…

Mais patatra, 1983 et le virus du Sida est isolé, un virus terrible qui sera lié a jamais à ce mouvement qui voulait des droits et qui finalement ne réclamera qu’une chose, trouver un moyen de pouvoir vivre encore un peu plus longtemps.

« Nous » comptions et enterrions nos morts.

Terminé le temps de la controverse, il est temps d’être sérieux.

Voilà donc d’ou nous venons.

Aujourd’hui, je crois sincèrement que nous venons de définitivement perdre l’état d’esprit qui caractérisait le #LGBT’fightmouvement.

L’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), sont Conseil des Associations pour être précis, vient de voter par 33 pour et 3 abstentions l’adhésion d’une association en son sein: Osez le féminisme (OLF). Oh la belle idée que voilà en lisant ça sur le papier. Car il ne faut pas oublier une chose, c’est qu’historiquement, le féminisme et le mouvement homo était lié et s’est ensuite mutuellement perdu de vues… Une fois que les associations féministes eurent ce qu’elles demandaient (très légitimement d’ailleurs, elles ont eu peu beaucoup laissées tomber leurs soeurs et frères homosexuelLEs qui avaient bien besoin de faire avancer les choses.

A nouveau, le féminisme et les LGBT ont renoués formellement.

Seulement voilà, c’est sans connaître OLF, une association dont nous pourrions nous féliciter, non pas de son existence, car malheureusement il est regrettable de devoir encore militer sur ce sujet là en 2011… mais les choses sont ainsi, il faut lutter encore et encore. OLF association féministe (car je ne suis personne pour juger ou pas de qui l’est) tient un discours très précis sur les prostituéEs, la prostitution et les clientEs. Je tiens à énumérer ici ces trois mots qui sont indissociables, un peu comme homosexuelLE et homosexualité… Nier l’un ou l’autre est ridicule. Il y a un quatrième mot, qui lui est a part bien qu’important sur ce sujet. J’y reviendrai.

Elles sont très clairement abolitionnistes et le revendiquent. 

CertainEs pourront se demander pourquoi cette adhésion est si intriguante à mes yeux, pourquoi elle touche au plus profond ma conscience. Elle est concomitante avec un autres évènement.

La présidente du Centre LGBT Paris Ile-de France a, prit au nom de l’association qu’elle préside et en son nom la décision d’être du coté de se courant de pensée.

Ce courant de pensée antiputes, qui s’oppose totalement à ce que les prostituéEs puissent avoir un statut juridique protecteur, que les cotisations qu’elles payent aujourd’hui ouvrent des droits à la Sécurité sociale. honteux pour elles, elles doivent faire autre chose même. Si celles et ceux qui ont faits le choix d’être prostituéEs qui ne demandent pas l’aumône, mais la reconnaissance de leurs droits, et de disposer pleinement de leurs corps comme ils et elles l’entendent (dites donc, c’est pas ce qui revendiquent aujourd’hui les associations LGBT et revendiquaient les femmes dans les années 70?).

Vilaines proxénètes déguiséEs en prostituéEs!

La meilleure défense c’est l’attaque, la meilleure attaque c’est le dénigrement.

Aujourd’hui les prostituéEs ont faits comme nous, comme les femmes pour leurs droits, elles et ils s’organisent, elles et ils revendiquent, elle ils militent, elles et ils manifestent.

Ils et elles ont un syndicats, le Strass.

Une élues de gauche eut la bonne idée de les traiter de proxénètes, belle idée qu’elle a eut, en première instance et en Appel, Henriette Zoughébi fut condamnée par la justice.

Je passe ici nombres les évènements passés, les mots, les écrits blessant, outrageant pour des gens, des Etre humains, qui ne demande finalement pas grand choses.

J’ai parlé d’un quatrième mot, il est important, c’est celui de proxénétisme. Les filles et les garçons de Strass ne font pas l’impasse sur ça, ils et elles le combattent. Se prostituer soit être un choix, ce ne doit pas être une contrainte, sinon ce n’est pas de la prostitution, c’est de l’esclavage, de la traite d’humain.

Chez OLF et la présidente du Centre LGBT, donner un statut au prostituéEs, c’est favoriser la proxénétisme.

C’est a croire qu’elles font exprès de ne pas comprendre.

Comment imaginer que donner des droits à des gens, puisse multiplier un fait. C’est comme de dire qu’en ouvrant le mariage aux couples de même sexes, il y aura plus de gens qui vont être homosexuelLEs, au mieux c’est idiot, au pire c’est débile…

La guerre des chiffres fait rage, les abolitionnistes font tout pour nous abreuver de chiffres, mais en fait, comment compter quelque chose qui n’existe pas, qui n’a pas d’existence légale? A moins que Caroline de Haas (fondatrice d’OLF) soit la mère spirituelle de Madame Soleil, je me demande comment ces chiffres sont calculés…

Ce mouvement, sacralisateur de l’acte sexuel, faisant du corps presque un interdit, même quand le consentement est clairement exprimé car il faut le dire et le redire, quand une femme dit non, c’est non, aussi avec les putes…! Ces femmes (et ces hommes) qui ont tout oubliéEs de la lutte féministe pour que ce corps entravé, manipulé, passé de père en mari puisse être libre, disposé par sa seule propriétaire, elle même.

Aujourd’hui le mouvement LGBT par l’entremise de l’Inter LGBT, structure importante, dans laquelle j’ai exercé une fonction, celle qui tout les ans organise l’une des plus grande manifestation de France vient de faire un pas vers ce mouvement.

Comment une simple adhésion peut-elle faire penser cela?

Au sein de l’Inter-LGBT, un projet est en discussion, peut-être qu’il ne va pas aboutir, je l’espère.

La fusion entre L’Inter LGBT et le Centre LGBT… vous me comprenez maintenant?

Une structure d’accueil, social, psychologique, juridique, conviviale tel qui l’est le Centre LGBT qui ne devrait pas prendre une position aussi clivante, presque discriminatoire à l’égard d’un public qu’elle est amenée à rencontrer, car bien que les abolitionnistes ne cesses de le minimiser, il y a une prostitution masculine bien plus grande qu’elle ne l’imagines. Connectez vous sur Gay Roméo et vous constaterez à quelle point ce n’est pas anodin.

En face vous avez une Interassociative, composée d’associations diverses, militants pour les droits des LGBT, politique, revendicative, prenant partie. Certes, en sont sein, il y a déjà des associations abolitionnistes, MAIS et ce détail est important, avant d’être abolitionnistes, elles sont LGBT.

Deux structures aux missions importantes, essentiels mais tellement différentes que les mutualiser -car c’est cela qui est mis en avant- ne fera que brouiller le message.

Comment imaginer que la communication d’une structure unique puisse être différencié des ces deux missions… l’une n’irait donc pas avec l’autre…

Je suis au bord de la schizophrénie .

Alors que la présidente du Centre LGBT annonce sont départ de la présidence en Février, elle se rapproche de l’Inter LGBT pour proposer ce projet. Facile de fusionner sa structure avec une autre juste avant son départ. C’est un peu comme faire inscrire une règle d’or dans la Constitution à la fin de son mandat… (Nicolas si tu lis mon blog…) c’est tout sauf courageux.

L’arrivée d’OLF au sein de l’Inter-LGBT concomitamment à se projet de fusion, laisse percevoir l’idée que les idées abolitionnistes trust le mouvement LGBT pour mieux arriver à leurs fins tel que dans les partie politiques.

Pour le politique, c’est gagné avec le projet de pénalisation des clients, ouvrant encore un chemin à la précarisation des prostituéEs, et n’oublions pas que plus une ou un prostituéE exerce dans la clandestinité, plus elle est à même de prendre des risques avec sa sécurité et sa santé.

Pour le mouvement LGBT, il est encore temps…

Ce n’est pas le monde associatif que j’aime, ce n’est pas celui du respect des gens, de la volonté d’aller encore plus loin vers la reconnaissance du droit de vivre librement.

 

Je chercher une aaaaaame quI pourra m’aideeeeeer… je suis d’une généraaaaaatION désenchantéééééée…

 

 

Non classé | 15.12.2011 - 22 h 23 | 95 COMMENTAIRES
La ligne rouge.

Je suis atterré.

Hier le site internet d’information vih.org a publié un article relatant un jugement rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Ce jugement et la cause de la plainte pose plusieurs questions.

De par le passé -et le présent- nous entendions parler ici ou là que des personnes séropositives, portaient plaintes contre d’autres personnes séropositives qu’elles jugeaient responsables de leurs séroconversions.

Des séropositifs contre des séropositifs, jusque là pas de soucis, ça ne dérange pas grand monde.

Selon vih.org donc, le 15 novembre 2011, le TGI de Paris est saisi d’une affaire opposant une personne séropositive contre deux personnes dont le statut sérologique n’est pas précisé.

Un plan à trois qui a mal tourné?

Nous ne le saurons pas et là n’est pas le problème. Ces deux personnes ont publiquement dévoilées le statut sérologique du plaignant.

Il est possible d’imaginer -au première abord- que cette procédure est le fruit de la judiciarisation de notre société et qu’en plus de tout demander aux enseignants et aux policiers (avec ou sans Kalachnikov d’ailleurs…), il est maintenant demandé aux juges de réglés tout nos différents et nos plus ou moins grandes contrariétés.

Combien de fois ai je eu à vivre les regards d’appel à l’aide d’amiEs qui dans une conversation dont certains participants m’étaient totalement inconnus, ceux ci me demandaient d’un regard insistant si oui ou non ils pouvaient parler de ma séropositivité. Bien évidement, cette interrogation était concomitante au sujet de la discussion.

Savoir que je suis séropositif alors que nous échangeons nos astuces pour rendre la couleur de nos caleçons plus éclatante n’a que très peu d’intérêt.

Il n’en demeure pas moins que les amiEs qui sont autour de moi savent que l’annonce de ma séropositivité m’appartient et que je suis seul à décider de dire ou de ne pas dire mon statut sérologique, quel qu’en soit la raison et le contexte.

Le tribunal dans son jugement reconnait que:

« la santé de tout un chacun est un élément de sa vie privée »…

MAIS

«  … il ne peut, dans certaines circonstances notamment quand un risque vital peut être encouru par des tiers être reproché à des tiers de mettre en garde […] des personnes susceptibles d’être touchées par ce virus. »

En gros, si un pote dévoile sans mon consentement mon statut sérologique, il n’est pas civilement responsable. Car des circonstances peuvent le justifier.

Mais alors lesquelles? Car cela peut ouvrir une porte qui serait difficile de refermer. Imaginez qu’un collègue dévoile la séropositivité de son voisin de bureau au Directeur… et que -comme si cela n’arrive jamais- l’employéE se fasse licencier, intouchable le collègue délateur? Non bien sur, donc le tribunal précise:

« le tribunal rappelle que le fait de taire sa séropositivité avant d’avoir des relations sexuelles est un délit »

Et bien voilà, un pas est franchi, et la mise au point est claire. Exit le risque au boulot, mais par contre au pieux, t’as intérêt à montrer patte blanche!

Sans rire, si je ne dis pas à mon potentiel futur partenaire/plan cul/fuck buddy que je suis séropositif, je suis en train de commettre un délit.

Si la dicibilité des personnes séropositives est à promouvoir et doit être un objectif à atteindre, celle-ci ne peut s’obtenir aux forceps. Ni socialement, ni dans un lit celle ci ne peut être contrainte et subit, c’est une chose encore trop souvent difficile à dire pour qu’en plus de cela la justice puisse s’en mêler.

Bien que je ne sois pas favorable à une Loi qui interdise totalement l’ouverture d’une procédure judiciaire, car le cas par cas doit demeurer, et c’est aux procureurs de la République de décider si oui ou non il y a matière à poursuivre, mais à condition que l’ensemble des magistratEs soient en mesure de comprendre et de juger en connaissance de cause. Cela implique donc une formation à l’Ecole Nationale de la Magistrature avant de siéger et de requérir. Est-ce le cas, j’en doute malheureusement.

Il est à craindre qu’une ligne rouge vienne d’être traversée. Le juge pensait-il une seule seconde de la portée de son jugement car il en a  une -ne serait-ce que symbolique- extrêmement importante, qu’il soit d’Assise, Correctionnel ou Civil, ce jugement donne un signal fort aux personnes atteintes par le VIH:

Vous l’avez, et vous devez le dire, quoi qu’il vous en coûte.

 

Non classé | 30.10.2011 - 02 h 02 | 21 COMMENTAIRES
Faut qu’travaille… mais j’veux pas…

Voilà trop longtemps que je n’ai pas posté d’article, un rythme à reprendre…

 

Il y a une une semaine, j’ai passé un entretien d’embauche.

 

Pour mémoire, j’ai déjà un taf, la vie est presque belle, sauf que je sais bien que ce boulot là n’est pas pour toute la vie. Alors, je cherche « ailleurs ».

Entre temps, je me suis dis, quitte à avoir des droits, autant les faire valoir,  suis séro+, la reconnaissance « travailleur handicapé » est… « de droit ».

Va t’y pas que je me dirige vers la MDPH (Maison Départementale des Personne Handicapées) de Paris, bon, j’y arrive, je d&pose mon dossier… c’est de droit, donc… pratiquement automatique (me dis’je), et bien non, ça va prendre quelques mois… (11 mois me dit la préposée…). Ça, c’est fait…

Y a une boite, qui me plait, à mes yeux le top du top.

 

Je postule.

 

Un petit coup de main, et zou mon CV s’en va. L’épreuve du CV, une torture, rédiger, actualiser, formater sa vie professionnelle, un calvaire…

Quelques jours après, un coup de téléphone, c’est la dite boite, ils veulent prendre rendez vous. Ni une ni deux, c’est bouclé.

Je stress (normal), suis tiré à 26 épingles (comme d’hab’), suis à l’heure (ni normal, ni comme d’hab’).

Deux personnes me reçoivent, un entretien normal, à un détail prèt. Lors de mon entretien, la DRH me dit « j’ai eu vent de votre statut COTOREP » (ancienne dénomination de travailleur handicapé). J’explique tout d’abord que ce sigle n’existe plus histoire de me mousser un peu… et j’explique qu’administrativement « pas encore » mais que… « cela va arriver ».

Lors de notre entretient, elle fut très interrogative sur les raisons qui ont faits que j’ai quitté la Police…

Une fraction de seconde passe et je me lance…

 

« Je vais être franc avec vous, bien que la Loi me protège, je suis séropositif ».

 

Elle ne fut pas « surprise », non pas que cela soit visible (quand bien même) sur mon visage, mais en fait je crois qu’elle s’en foutait royalement…

Nous en parlons, un peu. Aucune question, mon état de santé, les médocs, la maladie… bref, c’est un non sujet.

Une heure d’entretien, je repars, le coeur battant, en me disant « cool… ».

Une semaine après, je passe une second entretien… bien… le directeur me présente le poste, une heure après, la question qui tue:

 

« Vous commencez quand? ».

 

J’ai démissionné, jeudi matin j’ai un nouveau boulot.

La discrimination des personnes séropositives existe, elle est plus grande, bien plus grande, au boulot, dans la vie, au lit… mais des fois, il est bon de parler des bonnes expériences. Etre séropositif, est un état de santé, pas une complication professionnelle.

 

Comme dit des fois un ami « La vie est belle »… en +.

 

Non classé | 26.04.2011 - 18 h 56 | 30 COMMENTAIRES
Connerie grandeur nature.

Il y a des journées comme ça qui commencent merveilleusement bien et qui finissent mal. Aujourd’hui fut une journée comme celle là.

 

Ou?: mon boulot

Qui?: mes collègues

Quand?: aujourd’hui

 

J’ai pour habitude le matin en passant devant la cafetière de prendre deux gobelets de café afin d’en apporter un à ma collègue et un autre pour moi même, je crois savoir que ma collègue apprécie ce geste d’attention simple. Pas de chance, plus de gobelets en cartons, je me penche, j’arrive à trouver des mugs. Sans le savoir, je viens de prendre les tasses d’agents avec qui je travaille. Je me dis que c’est pas bien méchant, je vais les rapporter après avoir siroté mon café et fumer ma clope… candeur… candeur!

Mes journées sont pleines, pas de quoi chômer. La journée passe quand dans un couloir je croise un agent qui m’interpelle: « C’est vous qui avez ma tasse? ».

Je sens d’avance un problème venir, cet agent n’a pas -je le sais- une grande affection pour moi, je fais le choix de la jouer mezzo mezzo: « Oui, toutes mes excuses, je ne savais pas que c’était ta tasse, je vais te la rendre ». Je pensais que « l’incident » allait s’arrêter là… candeur… candeur (décidément!).

D’un ton hésitant il me dit: « Non non, gardez là, je vous la donne maintenant ».

Je suis un peu scotché, je m’étonne d’une si grande sollicitude, m’enfin pourquoi pas. Je descends les escaliers, et là je m’arrête, en me demandant « non, c’est quand même pas ça…? ».

Je retourne à mon bureau quand un autre agent m’arrête en me disant: « Oulala, il est pas content… euh… tu sais… il m’a dit que c’était pas bien de t’avoir donné sa tasse ». Encore une fois interrogatif elle se sent le besoin de compléter les propos de son collègue: « Les gens comme toi ont des maladies, non mais tu te rends compte?! » L’agent tout aussi atterré que moi par une si grosse bêtise.

Seulement après deux minutes, je commence à réaliser… je suis furax.

Je claque une porte (drama queen quand tu nous tiens…), je chope une clope et je vais me calmer.

Je ne cache pas qu’entre mon bureau et là ou il est autorisé de fumer, si j’avais eu le malheur de le croiser, je ne sais pas si ma réaction eut été… intelligente. Il a eu de la chance.

Alors voilà, que penser de tout ça? Homophobie? Sérophobie? C’est forcément l’un ou l’autre et dans les deux cas c’est discriminatoire.

Je ne peux pas écrire ses lignes sans souligner l’attitude affectueuses de mes « autres » collègues qui eux ne pensent pas comme ça.

A ceux qui pensent que d’être séropositif est une sinécure, voilà, à vous de juger. Certes il y a les tri-thérapie, mais il y a la vie tout autour, elle est belle, elle donne de l’espoir, mais des fois il y a des coups dur comme ça. Certes les choses avancent, mais ce type d’exemple me confirme dans l’idée que vis à vis du VIH nous sommes médicalement en 2011 mais que socialement il y a encore du retard…

En écrivant ce post mes pensée « vont » à Sophie de Menthon et à ses propos, car la pédagogie par l’exemple, ça ne marche pas tout le temps, mais ça aide… si elle pouvait aussi apporter sa pierre à l’édifice… en se taisant, je lui en serai grès.

Jugez vous même:

 

Je suis séropositif, je le suis et vais le rester, il va bien falloir qu’ils fassent avec.

 

 

Non classé | 22.04.2011 - 14 h 03 | 5 COMMENTAIRES
Crète de coq

Tapons nous les uns des autre.

C’est bien ce leitmotiv qui ensorcèle la « communauté » LGBT en ces temps particulièrement ensoleillés, il faut dire qu’il tape fort le bougre.

Nous toutes et tous #transpédégouine passons notre temps à critiquer les uns, les autres, l’une ou l’autre. « Il a dit ça, elle fait ceci » à croire que finalement, le passage de l’enfance à l’age adulte ne doit pas se situer là ou nous pourrions le croire. Bref, tout LGBT que vous êtes, vous confirmez une chose: « L’homosexualité, ça guérit pas de la connerie ».

Et comme la connerie ça se partage, partageons.

Pendant que les critiques contre l’affiche de l’Inter LGBT fusaient, j’étais comme un… coq en pâte. Je ne pouvais cesser de me demander comment une telle affiche (quoi que très discutable) pouvait provoquer autant  de haine, si ce n’est de la bêtise.

L’utilisation du mot bêtise cible ici (soyons courageux) le représentant de l’association le Refuge qui crois que c’est en utilisant le poison de l’homophobie qu’il va réussir à lutter contre, n’est pas Mithridat qui veut. C’est bien d’avoir créé une association dont le but est louable à souhait, mais si la dite association est là pour vilipender et permettre à son dirigent de vomir de grossières erreurs sinon d’être presque follophobe alors le mot usité par la « rue arabe » lui va très bien: DÉGAGE.

Je viens là de faire par moi même la démonstration de la situation actuelle, 17 lignes après dans un blog sur le VIH et je ne parle pas de VIH.

Syndrome de Stockholm quand tu nous tiens!

Puisque ce blog est là pour parler du VIH, et que la mode est à la critique artistico-militante, je vais tenter ici de me lancer dans le jeu, mais sur d’autres visuels bien sur (j’adore le poulet, mais jusqu’à un certain point!), le VIH fait « vivre » nombres de graphistes et d’agences en communication, ça va saigner.

Le SNEG et l’agence TBWA-MAP

Ils nous offre un visuel particulièrement croustillant, celui ci reprend les couleurs arc en ciel composé de cachets (une trithérapie surement) accompagné de la question qui tue: « Notre fierté? »

Étant donné qu’il n’est généralement jamais bon de jeter le bébé avec l’eau du bain, nous ne pouvons que nous féliciter de la mobilisation des entreprises « de convivialités » sur le sujet, à force d’y consommer, nous ne pouvions pas en attendre moins. Mais vouloir faire, ce n’est pas forcément bien faire, en effet, le visuel en lui même est une réussite, et comme toutes belle surprise il arrive qu’un grain de sable fasse retomber le soufflet. La question « Notre fierté? » est en trop, mais alors VRAIMENT en trop. Je me souviens de ma réaction en découvrant en boite ce visuel, je fus atterré, ulcéré presque humilié.

Connaissant certaines personnes au SNEG, je ne doute pas une seconde qu’il n’y avait pas malice, mais pour le coup, c’était raté.

Comment peuvent-t-ils nous poser cette question?

Si nous partons du principe que le contraire du mot « fierté » c’est « honte », je dois avouer m’en poser moi même des questions…

Avons nous honte de « nos » séropositifs?

Parce que les gays furent (sont) particulièrement touchés par le sujet, serions nous entrés dans un état de trop plein et que « ça suffit, maintenant ils commences à nous faire chier ces pédés séro+ »? Au lieu de se demander si nous devrions être fier ou non, il eut été plus judicieux d’affirmer « positivement » la présence des personnes séropositives, non pas pour inciter ou prôner la baise sans capotes, mais bien pour lutter contre la sérophobie, car c’est là ou le bas blesse,  il y a, il existe « en notre sein » une sérophobie latente quand elle n’est pas flagrante…

Enfin, je vais répondre à la question, oui je suis fier, oui je suis fier qu’en France (encore pour le moment) nous ayons accès aux trithérapies, car je n’oublie pas qu’ailleurs ce n’est pas le cas.

Enfin AIDES.

Il y a quelques jours, je naviguais sur mon Facebook quand sur le mur d’un ami je vois le lien d’une vidéo de prévention (enfin, je le suppose) de l’association AIDES « Clever Dick ». La curiosité me pique au vif.

Un garçon (charmant au passage), qui visiblement fait des merveilles avec sa bite. Il peut résoudre une équation, signer des autographes et must du must, désamorcer une bombe… tout ça avec son frifri… DINGUE.

Alors un moment donné, il passe à la casserole le garçon (enfin un peu d’action!), il est en train de peindre, la mannequin lui fait des signes pour qu’il aille la rejoindre. Elle lui met la capote (tout ça suggéré). Un « slogan » de fin pour conclure cette œuvre cinématographique:

« Clever dick protect themselves » (Les sexes intelligents se protègent)

Merci du sous titre, car moi je parle pas une broque d’anglais, bah ouai, désolé j’ai fais allemand première langue.

Je sais pas, je pige pas, les autres sont bêtes? Parce qu’encore une fois, si je prends le mot inverse d’intelligent, c’est « bête ». Quand je vois l’ensemble du film, effectivement, à force de prendre les gens pour des cons, ils risquent de le devenir…

 

30 ans de lutte, 30 ans de militantisme, 30 ans d’expérience pour en arriver là… SHAME!

 

 

 

 


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