J’ai dit à mes parents et à mes ami(e)s que j’aimais les hommes à l’âge de 15 ans, me revoilà quelques années après devant le même dilemme.

Je vais devoir assumer mon statut sérologique.

L’annonce à ma mère ne fut pas chose facile mais je l’ai fait, l’avoir dit à ma grand mère pied-noir impliquait forcément que toute la famille allait l’être, c’est un peu impersonnel mais au moins, c’est rapide et ça facilite les choses. Un régiment de psychothérapeutes, une tonne de mouchoirs et le temps faisant,  la famille est maintenant un soutien.

La famille est un groupe complexe, il est des fois persuadé de faire votre bonheur… à vos dépends. Il fut difficile pour moi d’expliquer mais surtout de faire comprendre que ma maladie m’appartient, et que je suis seul à décider de ce que je faisais. Des engueulades, des pleurs, mais j’ai gagné cette bataille. Je ne ferais rien pour leur faire plaisir, mais bien pour moi…

Les ami(e)s, c’est pas compliqué, s’ils ne sont pas un soutien, ils ne sont pas des ami(e)s. Je dois avouer que sur ce plan là, mes ami(e)s sont tous restés mes ami(e)s. Il faut noter le grand étonnement général à l’annonce de ma séropositivité, nombre furent très étonné(e)s, j’étais très sensibilisé aux questions de vih. Comme quoi certes, ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés, mais surtout il ne suffit que d’une fois…

Il reste les amants…

Aiment-ils vos fesses pour ce qu’elles sont, ou pour ce qu’ils pensent qu’elles sont… ? J’ai tout de suite eu le réflexe de parler de ma séropositivité à mes amants. Les réactions ont été aussi variées que pouvaient être mes amants. Les questions plus ou moins maladroites, des fois blessantes… « tu comprends j’ai une enfant, je ne peux pas prendre de risques ». A croire que lui faire partager cette information sous entendait que je voulais partager mon vih avec lui…

Il y a celui,  qui pour faire passer plus facilement le fait de ne plus vouloir coucher avec moi à cause de ça, m’a dit « mais nous resterons amis quand même, t’es un garçon gentil ». Et bien justement non, pas tout le temps, la preuve : « tu peux aller te faire f***** ». un amant, reste un amant, je ne couche pas avec mes amis et je ne suis pas ami avec ceux qui ont couché avec moi. Je n’arrivais pas à comprendre les réactions négatives vis à vis de ma séropositivité. Non pas par principe, les principes ne reposant sur rien, je ne voulais pas que ce postulat ne repose lui aussi sur rien. Je me suis rappelé d’une chose assez bête…

J’ai été séronégatif !

Quand j’étais séronégatif, je fus confronté moi même à la situation du plan cul de la nuit me disant entre deux pipes « au fait, il faut que je te dise je suis séro+… » ma réaction était sans appel :

« So what darling ? Le latex est là!! ».

J’ai essayé de lui faire comprendre que le préservatif n’est pas uniquement là pour le protéger,  bah ouai, je pense à moi des fois, la capote est là pour que je ne me pose pas de question sur lui… et son statut sérologique. Il me jeta un joli sourire en me disant « one point ! » .

Sans prendre de risque, nous avons pris notre pied ! ;o)

Puisque moi même je ne portais pas de jugement, pourquoi les autres pourraient se permettre de juger « mon truc en + » .