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Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
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Non classé | 21.04.2010 - 19 h 09 | 5 COMMENTAIRES
L'homme d'une génération.

Il a vécu une période d’insouciance, il s’en est allé cette nuit rejoindre « les autres ».

J’ai eu le plaisir de rencontrer Jean Le Bitoux dans le cadre associatif, il fut un militant comme moi, il a été mon formateur, il est devenu un pote. Un mentor presque.

La perte de Jean a pour moi un double sens, politique et affectif.

Je perd aujourd’hui une personne qui fut là quand j’avais des doutes concernant mon vih, il m’a rassuré.

Politiquement, Jean est l’un des piliers du mouvement revendicatif homosexuel, il en fut un acteur, voir un initiateur. Son expérience était riche, il l’a partagé avec la nouvelle génération de militant qui sont arrivés après lui. Il avait conscience que la transmission du savoir, des expériences et des vécus était importante.

Fin des années 70 il créé Gai Pied, la presse LGBT d’aujourd’hui peut le remercier… il a ouvert la voie. Il faut remettre dans le contexte de l’époque… l’homosexualité est encore un délit, il passera outre, et nombres d’intellectuels seront à ses cotés. Il sera une cheville ouvrière de la « conscientisation politique » des homosexuels, en faisant ouvrir les yeux de ceux-ci via les articles de Gai Pied.

Son combat le plus remarqué fut celui vis à vis de la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale, là aussi nous lui devons beaucoup. C’est aussi grâce a lui si aujourd’hui des municipalités (trop peu encore) honorent la mémoire de ces déportés.

Ardent défenseur de la vérité historique, il a été là, au bon moment, afin de rappeler qu’une fois mort, seul les vivants peuvent défendre la mémoire de ces oubliés… nos oubliés!

Jeune homosexuel séropositif, je dois, nous lui devons beaucoup. Gardons en mémoire ce que d’autres ont fait, pour nous, pour eux, pour tous. Il était de ceux là, ne l’oublions pas.

Jean et moi partageons la même maladie… il s’en est allé avant moi.

A bientôt Jean.

LES réactions (5)
L'homme d'une génération.
  • Par prof + 21 Avr 2010 - 19 H 23

    Oui c’est triste et inquiétant en même temps. Il est vrai que statistiquement et théoriquement, séropos, nous avons désormais une espérance de vie comparable aux séronégatifs. Pourtant, depuis ces derniers mois, je constate le décès de personnes connues (Jean Le Bitoux, Mano Solo, Arnaud Marty-Lavauzelle et bien d’autres encore) ou de personnes vih que j’ai connues au gré des consultations, des suites directes ou indirectes du vih.

    Ces décès me questionnent sur le fait de vivre des années durant avec le virus, malgré les traitements. Quel impact véritable la combinaison des deux a-t-il sur notre organisme ? Cela ne conduit-il pas à un vieillissement précoce de celui-ci comme semblent le suggérer de plus en plus les recherches actuelles ?

    Bref, tout cela me plonge dans une grande perplexité qu’accroît encore ma fracture du tibia pour laquelle mon infectiologue veut investiguer davantage afin de déterminer si elle ne serait pas liée aussi indirectement au vih.

     
  • Par Phil86 21 Avr 2010 - 20 H 23

    Ne m’étant assumé comme homo qu’assez tard, sur le coup de mes 25 ans, au début des années 90 (et après une phase catho n’incitant pas vraiment à sortir du placard, c’est le moins qu’on puisse dire !), je dois dire que je suis passé à côté de cette grande figure du militantisme homo. J’ai bien connu un peu Gai Pied, mais tout à la fin.

    Respect et hommage.

    Pour répondre à prof+, je dirais que nos médicaments ne sont pas des bonbons krema, et que même étant censés être moins toxiques, ils ont une action très puissante, dont on ne peut pas dire quelles seront les conséquences sur le long terme.

    Bref, profitons de la vie au présent ! On ne sait pas de quoi demain sera fait, nul ne le sait, mais il est clair que notre séropositivité hypothèque quelque part notre avenir. L’important n’est pas de vivre longtemps mais de vivre le mieux possible une vie riche en expériences et en rencontres humaines. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu à me plaindre sur ce plan.

     
  • Par Béchir 22 Avr 2010 - 10 H 31

    J’ai connu Jean en 1992 à la Maison des Homosexualités de Paris rue Michel Leconte. Je le considère comme mon mentor de l’époque. J’ai travaillé ensuite à ses cotés à Aides quelques années plus tard, nous nous sommes malheureusement perdus de vue.
    Ton article est aussi un peu le mien, ja partage la moindre de ses lignes.
    Le fils est finalement parti rejoindre l’amiral.

     
  • Par Bananana 30 Avr 2010 - 16 H 25

    Présent lors d’une projection de « Paragraphe 175 » à Strasbourg (2006 ? 2007 ?), Jean Le Bitoux m’avait alors fortement impressionné et même ému. Sa sincérité et sa détermination ne peuvent qu’imposer un profond respect et nous invite à en faire autant.

     
  • Par Eric 21 Mai 2010 - 20 H 33

    RIP.

     
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