Le 23 octobre 2007, c’est le cœur battant que j’entre comme élève à l’École Nationale de Police de Nîmes. je suis frais, la tête pleine d’envie.

Après un parcours scolaire difficile, j’ai du mal à trouver ma voie professionnelle.

L’impasse!

Il y a des moments, des gens qui comme un éclair de lueur ont le mot qu’il faut, l’idée lumineuse… C’est ce que Marie Françoise aura. Cette femme voluptueuse, douée d’un charme sans faille et d’une fine intelligence me suggère de devenir policier. Imaginez le fou rire! N’étant bagarreur, taillé comme un stylo, je me demande bien pourquoi cette amie si intuitive décèle chez moi l’âme d’une future Julie Lescaut.

« Tu y a toute ta place! »

Ne trouvant pas l’idée si saugrenue que ça, je passe les concours de la police au grade d’Adjoint de Sécurité. je sors de la salle du jury avec les félicitations. L’aventure commence.

L’école de Police est une épreuve, je m’y suis élevé, renforcé… affirmé.

Après ma scolarité à Nîmes, j’intègre un commissariat de banlieue… je retrouve mon 9-3 natale.

Je suis sans ironie « aux anges »

L’activité professionnelle d’un policier est aléatoire, avec des hauts et des bas. le manque criant de moyens, la dévalorisation de la profession sont des facteurs n’arrangeant vraiment rien… mais voilà, le sentiment d’utilité, l’action, le service rendu alimente ma vacation.

Jusqu’au jour où le ciel m’est tombé sur la tête. Une personne m’a jeter -du 3ème étage tout de même- une bouteille de bière -Heineken… ma préférée!- sur la tête. Le passage aux UMJ (Unités Médicao-Judiciaires) étant furieusement rapide, je rentre chez moi avec mon mal de crâne. le lendemain matin ma migraine étant encore là, je vais voir mon médecin, c’est elle qui va diagnostiquer ma séropositivité.

Je reprends le service deux jours après… Que vais je faire? Que vais je dire?

Je demande à rencontrer la représentante de mon syndicat, je lui explique la situation -merde visiblement elle panique intérieurement- elle va se renseigner sur la suite… Je sens d’avance que je vais vivre un grand moment de démocratie professionnelle… Deux jours plus tard, elle me dit que je dois prendre rendez vous avec le Médecin Chef de la Préfecture de Police de paris… -oulà… ça commence à ne pas sentir bon tout ça…!- Pourquoi voir un autre médecin alors que je suis déjà suivi? Qui d’ailleurs me met entre temps sous tri-thérapie.

Lors de mon entretien avec le Médecin Chef, cet homme visiblement bien éduqué, possédant une petite moustache cachant malicieusement une autorité naturelle, je découvre ce jour là qu’il va sans cesse droit au but, sans ménagement. je suis là pour une exemption temporaire de voie publique attendant que mon traitement se stabilise compte tenue qu’assurer une patrouille de trois heures sans toilettes à proximité peut relever du risqué, je ne vais pas être déçu!

N’allant pas par quatre chemins, il m’annonce que je vais définitivement quitter le terrain: « Comprenez moi, vous êtes dangereux »

Et non justement je ne comprends pas!

Les Adjoints de Sécurité sont l’adaptation des emplois jeune dans la police, un concours interne existe permettant aux « ADS » de devenir Gardien de la Paix.

Le médecin est persuadé que je risque de contaminer une personne lors d’une intervention. A croire que le sang coule à flot lors des interventions. Celui ci m’annonce -encore une fois- qu’il s’opposera à ce que je passe le concours interne.

Du jour au lendemain je me retrouve dans un bureau, et sans perspective d’avenir.

Je quitte en 2009 la police avec le sentiment d’avoir été un bon policier ayant servit honorablement l’institution tout en  gardant les valeurs démocratique et humaines qui sont les miennes.

J’y ai rencontré des fonctionnaires de grandes valeurs, compréhensifs car ils savaient eux aussi mais n’ont pas jugé « mon truc en + ».