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Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
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Non classé | 28.08.2010 - 22 h 51 | 22 COMMENTAIRES
Le tribunal des flagrants délires

Le sujet est trop important pour ne pas prendre position et essayer de changer les points de vues en donnant le mien.

Être séropositif, avoir un rapport sexuel non protégé et ne pas dire à son partenaire son statut sérologique est donc constitutif d’une infraction permettant aux Procureurs de la République de poursuivre. Des tribunaux ont confirmés cela en prononçant des condamnations.

Les décisions de justice étant rendus au nom du peuple français, je vais me donner l’autorisation de les commenter. Les Procureurs instruisant dans l’intérêt public, je vais me permettre de le critiquer.

Comme dit une collègue au boulot « il y a baleine sous rocher ».

Apprendre sa contamination où l’envie de revanche

Lors de l’annonce de ma séropositivité, je fus très étonné par l’envie de vengeance  que pouvait éprouver ma mère – dis moi tout de suite qui c’est!-, non et encore non, nous étions deux dans le lit, nous étions deux à ne pas nous protéger. Savoir, poursuivre et me venger ne changera rien.

Je serais toujours séropositif.

Il m’a fallu expliquer en quoi la responsabilité était partagée. Car c’est bien là ce qui peut caractériser -sans les connaître- les personnes assises sur le banc des victimes lors de procès (dont un très récent) pour administration de substance nuisible. Ils ou elles se considèrent comme des victimes d’odieux contaminateurs. Les juges leurs donnant raisons.

C’est nier la spécificité du VIH et la vie -presque- quotidienne des séropositifs. Il n’est pas toujours aisé de parler de son statut sérologique à un partenaire -d’un soir ou non- car la peur justifiée du rejet invoqué devient l’épée de Damoclès de la vie affective et sexuelle des personnes vivant avec le VIH. Il est facile de pointer du doigt celui qui ne dit pas quand très souvent l’autre ne l’est pas plus à l’entendre. Mélangez là le manque de confiance en soi et le déficit de connaissance et vous obtenez le cocktail diabolique d’une possible contamination.

Mais qui est responsable? Personne? Non! Tout le monde? Surement.

Les tribunaux, en donnant le statut de « victime contaminée » induit implicitement -pas tant que ça- l’existence de deux types de malades: les victimes et les responsables (qui ne le sont pas tant que ça à en croire la justice). Ce n’est pas leur rendre service, surtout qu’une victime d’aujourd’hui peut devenir un coupable demain.

Et l’Etat dans tout ça?

Les Procureurs sont responsables de cet imbroglio medico-judicaire. Ils écoutent des personnes avides de trouver des responsables en leur donnant  ce qu’ils veulent: un procès de leur contamination.

De la victimisation, nous passons à la sécurisation de la société. Ce que j’ai mal fait, maintenant que j’en suis « victime », je demande réparation. Dormez braves gens, nous vous assurons  votre sécurité quoi qu’il en coûte, quoi qu’il vous en coûtera, quoi qu’il nous en coûtera.

Poudre aux yeux!

Ce postulat est bien trop facile et est évidement une tactique -quoi que habile- qui reste complètement irresponsable car elle dédouane les pouvoirs publics de leurs responsabilités sur l’échec de ses politiques de prévention et d’information. Aujourd’hui, nous savons tant de cette maladie, si l’information ne passe pas, c’est bien qu’il y a une couille dans le potage!

Si j’étais polémique (non…!) je dirais même que l’État doit être rassuré, les séropositifs s’attaquent entre eux au lieu de demander des comptes au premier responsable! Celui qui baisse continuellement les crédits en matière de prévention et d’accompagnement des personnes séropositives.

Enfin, je doute que les juges soient suffisamment formés sur le sujet, savent ils parfaitement quelle est la vie et le vécu d’un séropositif? Si ces actions en justice doivent se multiplier, le Ministère de la Justice a-t-il le projet de mettre en place une formation à destination des Magistrats pour être à même de rendre la justice en connaissance de cause?

Faire croire que c’est aux seuls séropositifs qu’il revient de protéger l’autre est particulièrement « casse gueule ». La prévention est l’affaire de toutes et tous, des séropositifs comme des séronégatifs.

Ce n’est pas qu’aux séropositifs de demander la capote, mais aussi aux séronégatifs de la proposer.

LES réactions (22)
Le tribunal des flagrants délires
  • Par Milo 29 Août 2010 - 1 H 43

    J’ai ma double casquette là 🙂

    1-Séropo : ça sert à rien de le dire à un plan d’un soir il refuse la capote bah il se casse ou je me casse parce que j’ai pas envie de me chopper autre chose…

    De plus on s’aperçoit que même les pays qui ont une politique plus ferme à ce sujet n’ont pas de meilleur résultats (le canada par ex) en terme de contamination…

    2- Futur soignant : nous savons tout euhhh non en fait nous ne savons rien… au pays de la preuve nous avons encore du déclaratif « j’ai fait que S**** doc c’est pour ça que j’ai le sida ? » c’est dommage mais c’est comme ça !

    Puis j’ajouterai que si ma mémoire est bonne que les 2 cas qui font polémiques aujourd’hui on parle de gens qui se sont mariés et qui se sachant infecté n’ont rien dit à leur partenaire et là… moi je pense qu’en effet la justice devait se prononcer…

    J’ai vécu 1 an avec un S- et un an nous avons pris nos précautions, il l’a su avant que les choses sérieuses ne puissent commencer…
    Donc le rejet je pense que c’est lié à l’annonce et à la façon de le faire… on évitera pas les cons mais on évitera les « affaire »

    Faudra que je revienne pour développer tiens 🙂

     
  • Par Pi Oaï Bi 29 Août 2010 - 5 H 51

    Je ne vous connais pas, mais je vous aime déjà ! Merci pour ce billet intelligent et qui a le mérite de remettre chacun en face de ses responsabilités. Je vous embrasse chaleureusement.

     
  • Par Phil86 29 Août 2010 - 9 H 15

    merci pour ce post, j’adhère totalement à ce que tu écris, Kevin ! ajoutons que cette criminalisation n’a pour seule conséquence que de faire augmenter les contaminations (bel effet contreproductif !!) car elle fait baisser le nombre des dépistages : qui a envie de savoir s’il est ou non porteur d’une maladie criminalisée, bref de savoir s’il est ou non un criminel potentiel ? personne !! résultat, le sgens seront incités à faire l’autruche, les séropos qui s’ignorent ne seront pas dépistés et leur charge virale allant augmentant, leur risque de contaminer leurs partenaires aussi, ainsi que celui qu’ils développent un sida avec toutes les conséquences que cela a en terme de coût social… il faut donc remettre de la raison dans un débat hautement passionnel et polémique propice à toutes les dérives émotionnelles… l’intérêt général n’est pas dans cette criminalisation, qui ne peut être qu’une impasse contreproductive…

     
  • Par Grégory 29 Août 2010 - 13 H 10

    A décision judiciaire, commentaire juridique. On pourrait discuter de la mise en jeu d’une responsabilité civile des personnes qui tairaient leur séropositivité. Mais, ce qui est surprenant dans ces jugements liés à la transmission du Vih est le visa utilisé pour condamner, au pénal cette fois, une personne qui aurait transmis le virus à un partenaire sexuel. Absurdes, ces décisions pénalisent davantage le mensonge, même par ommission que la contamination proprement dite.
    Le parquet poursuivrait-il avec le même zèle les cas de transmission si la personne éventuellement contaminée était au courant de la séropositivité de son partenaire ? Une personne qui ignorerait sa séropositivité et transmettrait le vih serait-elle tout autant poursuivie ? Les juristes diront non dans le second cas du fait de l’absence d’élément intentionnel alors même qu’il y a administration de substance nusisible. Dans le premier cas, rien n’empêcherait à mon sens des poursuites, le consentement de la victime étant en droit pénal indifférent tout comme le principe d’indisponibilité du coprs humain. Aussi, l’incrimination d’admistration de substance nuisible est un délit utilisé de manière impropre et qui vient sanctionner pénalement le mensonge, même par ommission.
    Juridiquement hasardeuses, ces décisions reflètent en fait une tendance connue en droit civil et nouvelle en droit pénal. En droit civil, la tendance est désormais ancienne avec l’accueuil d’une mise en jeu de la responsabilité même en l’absence de faute, la réparation du préjudice de la victime primant. En droit pénal, la pénalisation de la transmission du Vih est un précédent dangereux. Dangereux, car on parle dans ces affaire de contaminations « volontaires » alors que dans les faits on sait que les situations sont beaucoup plus complexes et qu’il n’y as généralement pas plus de volonté de contaminer que de volonté de se contaminer. Dangereuses en terme de santé publique, les associations l’expriment beaucoup mieux, avec le risque de freiner les dépistages et de stigmatiser encore plus les séropos.
    Juridiquement absurdes, ces décisions pourraient avoir des conséquences plus larges. La Sécu également pourrait se retourner contre une personne condamnée pour transmission du vih pour le remboursement des frais engagés par la séropositivité de la victime reconnue pénalement. Mais aussi, tout séropositif qui ignorerait l’identité du partenaire avec qui il se serait contaminé ne pourrait-il pas saisir la Commission d’indemnisation des victimes ? Fort à parier qu’on lui opposerait le fait qu’il ne se soit pas protégé pour l’exclure du bénéfice de cette réparation alors même que ce point est rejetté quand il s’agit de condamner une personne qui tait ou cache sa séropositivité !
    On voit ainsi que c’est davantage le souhait de trouver un coupable qui prime que le souhait même de reconnaitre que les séropositifs, quelqu’ils soient, sont victimes du virus. En bref, le choix d’une politique pénale individuelle répressive et punitive prime sur une politique publique de santé responsabilisatrice et qui traiterait de la même manière tous les séropositifs…

     
  • Par Paul Denton 29 Août 2010 - 14 H 55

    Complètement d’accord mais j’aimerais entendre ce qu’en disent les personnes contaminées alors que leur partenaires se savaient séropositifs…

     
  • Par Amadeo 29 Août 2010 - 16 H 54

    Sujet terriblement complexe et passionnel, je vous l’accorde, et faisant sans doute écho au vécu de bien des commentateurs. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux prendre garde lorsqu’on commente ces affaires dorénavant juridiques, prendre un peu de hauteur (un peu seulement) et ne pas se leurrer sur les conséquences ou même l’interprétation de ces décisions de justice. Je ne prétends d’ailleurs pas y parvenir, mais j’aimerais juste donner un autre point de vue que celui communément partagé et qu’on peut lire sur tous les sites LGBT ou presque depuis quelques jours.

    Déjà, le terme de « responsabilité partagée » est à mon sens une contradictio in adjecto. En matière pénale (au moins en France), la responsabilité est toujours strictement individuelle, et fort heureusement. On est uniquement responsable des actes que l’on commet, jamais de ceux des autres. Donc si on s’en tient à cette idée que lors de la transmission du VIH à l’occasion d’un rapport sexuel les deux personnes sont « responsables », elles sont responsables individuellement de leurs actes. Dans le cadre d’un procès, le plaignant comme le défendeur devraient donc être condamnés chacun de leur coté, l’un pour ne pas avoir pris la peine d’informer l’autre de son statut sérologique et avoir sciemment transmis la maladie, l’autre pour ne pas avoir insisté ou ne pas avoir pensé à utiliser des moyens de protection. Déjà à ce stade, la réflexion devient étrange, puisqu’il faudrait aussi punir celui qui vient d’apprendre sa contamination. « Il fallait être prudent mon cher Monsieur. Pour vous apprendre le respect de votre santé, vous irez quelques mois en prison ». Etrange et inquiétant.

    Deuxième point, on peut entendre le terme de responsabilité partagée comme le fait que, au fond, personne (même si on se sait séropo) ne devrait être condamné pour avoir contaminé une autre personne, car cette dernière devrait (doit!) être aussi prudente qu’une personne séropositive dans ses relations sexuelles. Dans ce cas, on peut dire : « il fallait être prudent mon cher Monsieur. Vous vous êtes fait avoir et vous réfléchirez aux conséquences de votre stupidité/ignorance en avalant vos pilules ». Là je ne suis pas d’accord, et à vrai dire, je ne l’ai jamais été.
    Je me souviens d’un débat auquel j’ai assisté il y a quelques temps, sur le statut et la vie d’une personne séropositive, avec un invité séropo devant nous parler de sa vie de tous les jours, les regards, la thérapie, le soutien des proches, et entre autres, son changement de comportement (ou non) dans ses relations sexuelles. A un moment, il a raconté qu’il fréquentait toujours les backrooms, en se protégeant bien-sûr, mais « pas toujours ». Ainsi, il nous raconta que de temps en temps, si un mec venait « s’empaler sur sa bite » avant qu’il ait eu le temps de mettre un préservatif, et bien il le laissait faire, car s’était en quelque sorte de la responsabilité de l’autre personne de ne pas prendre de précaution. Je crois (et ce fut à mon grand étonnement), tant la charge émotionnelle était forte dans ce débat, tant l’élan de sympathie envers le jeune homme était grande, que j’ai été la seule personne choquée pas ses propos. A cause de mon statut de juriste, peut-être, mais pas seulement.
    Il faut dans ce débat s’interroger sur le point de vue à adopter : ou bien la personne qui sera (probablement) contaminée ne peut s’en prendre qu’à elle-même, et on peut dire que les messages de prévention, son estime d’elle-même, etc. font défauts et excusent donc la personne contaminante ; ou bien on s’aperçoit que la personne séropositive ne fait rien pour empêcher la contamination, pour empêcher cette sorte de « mise en danger » de l’autre à laquelle elle participe volontairement (il lui suffirait juste de se retirer, de refuser le rapport non protégé sachant son statut sérologique et les conséquences du rapport, sans oublier qu’elle peut d’elle-même engager un rapport non protégé, ce qui est sans doute pire) ; ou bien, troisième point de vue, on peut voir et retenir les deux côtés précédemment évoqués, et envisager la théorie de la responsabilité partagée.
    Mais, dans cette dernière hypothèse, c’est à mon sens oublier finalement qu’il y a contamination, c’est-à-dire un dommage physique grave et volontaire infligé par une personne à une autre, que cette dernière soit consentante ou non (encore que, dans les cas d’actualité, il ne faut pas oublier que les personnes contaminées ignoraient la séropositivité de leur partenaire). En matière pénale, peu importe le consentement de la victime aux dommages qui lui sont infligés. Peu importe son niveau d’intelligence, de volonté ou de connaissances. La personne qui inflige le dommage en est responsable, c’est aussi simple que cela. Pour le cas du VIH (dont je pense que personne ne peut sérieusement nier qu’il s’agit d’un dommage physique certain, relativement grave et persistant) c’est à elle avant tout de prendre garde à ne pas compromettre la santé de l’autre personne, comme il en est de même dans d’autres hypothèses bien plus banales : une personne donnant des médicaments ou d’autres produits à quelqu’un et entrainant sa mort ou autres blessures ; un automobiliste qui blesse un individu, même traversant hors du passage piéton ; un accident sur un chantier, un marteau qu’on fait tomber sur le crâne de quelqu’un en contrebat, même s’il ne portait pas de casque.
    La responsabilité pénale est un concept simple : il faut en toute circonstance rester maitre de soit et de ses actes pour ne pas provoquer de préjudices, physiques ou moraux, aux autres personnes. De manière corollaire, les seuls dommages excusables et donc les seuls cas d’irresponsabilité pénale sont ceux résultants d’accidents (juridiquement la « contrainte »), c’est-à-dire des faits ne dépendant pas de la volonté, imprévisibles par nature et qui ne peuvent être évités (on pourrait dire ici que le préservatif qui se déchire ou se retire est, sauf mauvaise utilisation manifeste, véritablement un accident, donc légalement excusable en cas de contamination).
    Je ne pense pas qu’on puisse parler d’accident lorsqu’une personne connaissant son statut séropositif décide d’avoir des relations sexuelles non protégées avec une autre personne. C’est son choix, il s’agit pénalement d’une faute qui entraine des conséquences sur la santé de l’autre partenaire et doit être sanctionnée. D’ailleurs, a contrario, excuser la personne séropo de la contamination d’une autre qui n’a pas voulu se protéger reviendrait au fond à dire qu’elle n’est pas responsable du tout. La responsabilité partagée devient illusoire, il y a un dommage certain, mais aucun coupable. Ou alors ce serait uniquement de la faute de la personne contaminée qui n’a pas pris soin de sa santé et s’en retrouve seule punie. Mais finalement, vers quoi nous dirigeons nous si on suit cette voie ? Imaginons un cas malsain mais existant, par exemple une personne se sachant séropositive et s’amusant à rechercher exclusivement des rapports sexuels avec des personnes n’aimant pas le préservatif ou ne pensant pas à se protéger, pour le plaisir de contaminer le plus de personnes possible (voire le cas des trois séropos hollandais qui infectaient volontairement des victimes après les avoir droguées). Combien de contaminations impunissables aurons-nous à la longue ?! Combien de vies brisées par la même occasion et quel impact sur la propagation du virus ? Ne serions-nous pas dans ce cas précis en présence d’un véritable « criminel » (au sens courant) pouvant agir en toute impunité ?

    Troisième point, le plus important à mon sens. Ce débat ne doit surtout pas être l’occasion de « choisir un camp » et le défendre coûte que coûte en oubliant le plus sérieux problème, non-juridique. Il faut garder son calme et se rendre compte d’une chose : ce qui inquiète aujourd’hui n’est pas vraiment la condamnation des contaminations volontaires. Ce qui inquiète, à juste titre, c’est le risque immense d’en prendre prétexte pour jeter l’opprobre sur les personnes séropositives dans leur ensemble, en faire des dangers pour la société et la santé publique (et effectivement, c’est un peu la mode en ce moment de trouver des boucs-émissaires et ne rien régler aux problèmes de fond…). Voilà la principale chose qui inquiète aujourd’hui, et ce risque de stigmatisation ne dépend pas de la justice et de la résolution de ces différentes affaires. Elle dépend des politiques de santé publique dans leur approche de la prévention du VIH et, plus simplement, de l’intelligence humaine dans la compréhension et la distinction des différents enjeux en présence.
    J’estime personnellement que ce n’est pas parce qu’une personne est condamnée pour avoir transmis le VIH volontairement que toutes les personnes atteintes de cette maladie sont dangereuses, ou que toutes les contaminations sont condamnables légalement. Au contraire, cela me donne envie d’écrire un long commentaire, de manifester sur la place publique pour dénoncer ce risque, et dénoncer les messages ou discours allant dans le sens d’une exclusion encore plus prononcée des personnes séropositives. Pour cela, donc, je crois encore en l’intelligence humaine citée plus haut (peut-être à tort ;). Il faut certes dénoncer vigoureusement les confusions, les excès et autres mises au pilori, mais aussi accepter que les responsabilités soient assumées quoi qu’il arrive, même si c’est parfois compliqué ou triste.

    Enfin, pour finir, je ne pense pas que la sanction pénale des contaminations volontaires entraine la baisse du taux de dépistage. D’autres causes, psychologiques ou sociologiques, peuvent être avancées pour expliquer ce phénomène, mais en toute logique, une personne qui a pris un risque ou qui voit sa santé se dégrader fera un dépistage, si bien entendu elle souhaite se préserver au moyen d’une thérapie et préserver ses futurs partenaires. Dans le cas contraire, si elle s’inquiète mais décide de « ne pas savoir » en connaissance de cause, c’est sans doute plus dans une optique, inconsciente ou non, d’autodestruction (sentiment que je rencontre d’ailleurs de plus en plus fréquemment autour de moi et m’inquiète vivement). C’est à mon sens la même chose finalement pour les personnes séroneg qui ne se protègent pas : prendre des risques, oublier même que ces derniers existent et se laisser aller.
    Outre le fait qu’il n’y a pas de sanction pénale dans les deux cas (puisque contamination involontaire dans le premier, et d’ailleurs je serais inquiet si la jurisprudence finissait par en décider autrement), ceux-ci sont liés par le même problème de fond : il n’y a plus d’espoir, on renonce à soit même et aux autres, on ne pense plus aux conséquences. Si on en est là, si ce sentiment se généralise et se retrouve accepté comme une fatalité, même au niveau pénal, les politiques publiques de préventions ne serviront plus à rien, de même que les associations, les articles ou les discussions, puisqu’il n’y a plus de prise de conscience de ce qu’on est, de ce qu’on fait à soit-même ou aux autres, de ce qu’on risque. Il n’y a même plus de responsabilité tout court. Tout serait donc perdu et alors effectivement, même une condamnation pénale, qui ne peut au fond ramener ce qui a été perdu, n’aurait plus le moindre sens.

     
  • Par Jérémy 29 Août 2010 - 22 H 22

    Bonjour Kévin,

    J’ai découvert ton blog ce soir, je l’ai lu en entier.
    Moi même seropo depuis maintenant 3 ans (j’ai 31ans) en traitement depuis janvier dernier…
    Tu écris les choses si joliment, ça m’a ému, même si je ne te connais pas personnellement.
    Je suis quelqu’un qui cherche toujours a rendre les choses le plus jolie possible dans la vie avec une sincérité et simplicité, c’est ce que j’ai trouvé en lisant tes posts
    (j’ose le dire: avec tes mots ‘la vie reste très belle’)

    Merci à toi, Jérémy

     
  • Par Rollover 30 Août 2010 - 12 H 51

    Désolé mais je ne suis pas d’accord.

    Être séropo donne une responsabilité. On est pas obligé de dire qu’on l’est mais on peut dire, par soucis de prévention, qu’on ne veut pas le faire sans préservatif et cela renforce la prévention que de répéter la pédagogie. Qu’elle est donc cette prévention par la peur de la contamination du à la dépénalisation de la transmission ?

    Tu dis ne pas comprendre la vengeance vis à vis du contamineur, mais est-ce une raison pour se venger du non contaminé qui continuerait à ne pas se protéger ?

    Quand on ne connait pas son état, on n’est pas sous le coup de la loi. C’est quand on en est conscient.

    Dire que la pénalisation entraîne le non dépistage, c’est de la mauvaise foi, car on se dépiste avant tout pour sa santé, pour se faire soigner et éventuellement protéger les autres. On a pas peur d’être rejeté avant de savoir que l’on est.

    Loin de moi l’idée de dire que le séropo est responsable de tout. Mais il ne peut pas à l’avance s’extraire de toute responsabilité. Les choses ne sont pas simples et c’est pour cela que le juge a un pouvoir d’appréciation. Mais la honte ne peut être une excuse suffisante pour contaminer quelqu’un d’une maladie qui est handicapante pour le moment à vie.

    mon article détaillé:
    http://rollover.yagg.com/2010/08/27/de-la-depenalisation-de-la-transmission-du-vih-vers-une-societe-de-la-defiance/

     
  • Par Phil86 30 Août 2010 - 13 H 07

    excellent commentaire de Grégory, qui présente parfaitement toutes les données de la question, à mon avis… j’ai bien aimé ce passage, qui fait mouche : « Mais aussi, tout séropositif qui ignorerait l’identité du partenaire avec qui il se serait contaminé ne pourrait-il pas saisir la Commission d’indemnisation des victimes ? Fort à parier qu’on lui opposerait le fait qu’il ne se soit pas protégé pour l’exclure du bénéfice de cette réparation alors même que ce point est rejeté quand il s’agit de condamner une personne qui tait ou cache sa séropositivité ! »

     
  • Par Kévin Gagneul 30 Août 2010 - 16 H 43

    Pour répondre à Paul Denton (« Complètement d’accord mais j’aimerais entendre ce qu’en disent les personnes contaminées alors que leur partenaires se savaient séropositifs… »), c’est mon cas, le garçon qui m’a contaminé se savait séropositif.

     
  • Par nicole 30 Août 2010 - 17 H 21

    qU4EST CE QUE C’est que ce méli-mélo absurde!!!enfin beaucoup de confusion. vous croyez que les gens ne se font pas dépistés par peur du contexte social ou pas peur d’un procès???foutaise… simplement par peur d’AVOIR LE SIDA, vous savez cette maladie honteuse que des gens pas très clean ont attrapé!!!!(là je vais avoir un procès pour discrimination!)Dire à sa compagne depuis 2 ans  » on peut faire l’amour sans préso maintenant on se connaît assez! » en se sachant séropo..ouai ça c’est PAS BEAU….différence avec celui qui ne sait pas !! je ne sais pas vous, mais moi, avant de faire le test ,je le sentais que j’avais un nouveau colloc dans mon petit corps en 1987….et en plus je suis toujours en vie il n’y a que la mauvaise graine qui qui résiste!!!!c’est une bataille permanente entre LUI et moi..par contre j’ai pu résilier mon contrat avec le VHC!!!quelle audace de vouloir cohabiter avec le VIH!!!allez go away VHC…arretez de tomber dans le panneau du séropo incompris et patati et patata!!!!
    allez bonne lecture!!!et bye bye que la séropositivité vous apporte au moins quelque chose qui vous fait grandir et allez à l’essentiel plus en blablabla ridicule…
    Nicole

     
  • Par Amadeo 31 Août 2010 - 11 H 02

    Mon commentaire censuré parce qu’il est le seul à ne pas aller dans le sens de votre article ? A moins que je ne fus offensant, trop long ou léger sur certains points (je présenterais dans ce cas mes plus plates excuses), serait-ce parce que je dis simplement qu’il faut toujours être responsable de ce qu’on fait et que la théorie de la responsabilité partagée est l’antithèse d’une responsabilité véritable ? Que ces décisions de justices « horribles » ou « absurdes » sont au contraire justifiables du point de vue de la responsabilité pénale (individuelle) ?

    Ce choix d’empêcher le débat sur votre blog et d’enjoliver votre article en autorisant seulement une série de commentaires favorables vous appartient. Mais si ce n’est pour que vous vous sentiez mieux dans votre condition de séropositif, avec le soutien inconditionnel de certains lecteurs de Yagg, je n’en vois pas l’utilité, et dirait même que cela dessert votre participation au débat public.

    Voir aussi le commentaire de Didier Lestrade sur ces affaires, démontrant au passage qu’un individu militant et séropositif peut trouver ces décisions de justice justifiées, tout en les replaçant dans un contexte global : http://didierlestrade.blogspot.com/2010/08/sur-la-penalisation-du-sida.html

    Vous auriez pu être plus responsable pour le coup et au moins contredire mon argumentation dans une réponse, ou laisser le soin aux autres commentateurs de le faire.

     
  • Par Phil86 31 Août 2010 - 17 H 14

    bah moi, même si je savais par qui j’ai été contaminé et qu’il s’avérait qu’il connaissait sa séropositivité, très honnêtement je n’irais pas le culpabiliser, car je suis le premier responsable de ce qui m’est arrivé, c’était à moi de me protéger (chacun est d’abord responsable de soi il me semble ; on ne peut pas être responsable des autres si on ne l’est pas d’abord de soi)

     
  • Par Kévin Gagneul 01 Sep 2010 - 19 H 03

    Nicole, c’est votre commentaire qui est un méli-mélo absurde… parce que j’ai beau le lire et le relire… je dois avouer ne pas le comprendre, ce qui personnellement me chagrine.

     
  • Par Kévin Gagneul 01 Sep 2010 - 19 H 04

    Cher Amadéo,

    Rassurez vous, aucune censure ici bas. je dois « valider » les commentaires, et ayant une vie professionnelle et associative vous me permettrez de vous présenter mes excuses pour le retard!
    très cordialement

     
  • Par Kévin Gagneul 02 Sep 2010 - 15 H 23

    Cher Rollover,

    J’aime votre commentaire.

    Il est intelligent et amène le débat et la relfexion.

    Je ne suis pas sur que les séropositifs sont « plus responsable » que tout autre personne. Laisser à l’autre le soin d’être responsable pour deux? N’est ce pas là une trop lourde tache? Parce que je suis séropositif et mon copain lui non j’aurai donc le devoir de nous protéger pour deux, je suis un être humain avec mes faiblesse je dois aussi pouvoir compter sur le sens des responsabilités de l’autre.

    Je parlais de la possible vengence vis a vis de celui (ou de celle) qui vous a contaminé, et non de celui qui n’est pas séropositif. Nombre de gens seraient trop heureux de pouvoir pointer du doigts les séropositifs comme d’odieux contaminateurs en puissance.

    Pour certaines personne ne pas savoir c’est ne pas être concerné, je reste persuadé que de pénaliser la transmission du VIH c’est mettre en frein aux dépistages, car légalement, ne pas savoir c’est potentiellement ne pass être poursuivi.

    Bien à vous.

     
  • Par Raspoutine 27 Avr 2011 - 10 H 34

    Je réagis avec retard, découvrant ce blog et le lisant avec intérêt. Bravo à l’auteur, d’ailleurs, c’est bien écrit, intelligent et touchant. Je m’excuse par avance de ce que mon commentaire est à la fois un peu au ras des pâquerettes, limite hors sujet et trop personnel.

    J’ai une histoire personnelle assez lourde avec ce p… de virus, qui a emporté mon père et touché mon premier amour. Et, je l’avoue, beaucoup de mal, et même de plus en plus de mal, à avoir une approche rationnelle de ces questions. Même en me protégeant à chaque pénétration, je flippe, et chaque dépistage annuel me provoque quelques nuits blanches.

    Tu évoques les désirs de vengeance de ta mère. Oh, comme je m’y retrouve ; adolescent, j’avoue même avoir rêvé de tabasser la femme qui avait contaminé mon père – et pourtant, j’ai conscience que les circonstances (milieu des années 80, petite ville de province)inviteraient plutôt à penser qu’elle ne pouvait que difficilement connaître son statut sérologique et les conséquences pour ses partenaires.

    La décision de justice pose des questions pratiques, en termes de politiques publiques : si l’effet d’une telle mesure est d’inciter les personnes à renoncer au dépistage, nous serons sans doute tous d’accord pour la regretter. Mais comme Amadeo : j’y crois peu – c’est effectivement par souci de sa propre santé qu’on fait le test, et c’est par une peur tout aussi personnelle qu’on y renonce.

    Je ne connais rien au droit, mais sur un plan moral, en tout cas, cette décision ne me choque pas. Une condamnation lourde me paraîtrait délirante, mais que le corps social exprime officiellement et symboliquement sa condamnation me paraît parfaitement fondé.

    Je ne me protège pas pour les fellations, mais systématiquement pour le reste, et je fais le test régulièrement. Je suis donc à peu près sûr de mon statut sérologique. Pourtant, je sais comme tout le monde que la contamination par fellation reste possible, que les accidents arrivent, et qu’avec la multiplication du nombre de partenaires, ma séronégativité ne peut être complètement sûre.

    C’est pourquoi, même en ayant la conviction qu’il ne se met que très peu en danger, lorsqu’un garçon par exemple, semble s’apprêter à prendre mon sperme en bouche, je l’arrête systématiquement.

    J’avoue avoir beaucoup de mal à admettre qu’on puisse se comporter différemment lorsqu’on se sait séropositif, et que le risque de contamination est plus élevé. Le consentement me semble un argument particulièrement hypocrite. J’ai couché avec de jeunes Russes de 20 ans qui pensaient que le VIH pouvait être transmis par les moustiques ou autres niaiseries. La capote leur semblait absolument superflue : j’étais beau, sympa, et apparemment en bonne santé. Vous serez sans doute tous d’accord avec moi que dans leur cas, le consentement n’est qu’ignorance. Mais en va-t-il forcément différemment dans nos milieux parisiens, mieux informés, où la question de la capote se pose plus systématiquement ? Je ne crois pas, parce qu’entre les moments de déprime, les drogues, ou la simple ivresse des sens et des cœurs, il y a plein de situations où la tendance naturelle de tout un chacun serait d’arrêter de penser à ces bouts de plastoque qui puent et à ce virus à la con.

    Alors, non, je ne crois pas que les séro+ qui ne se protègent pas sont tous des salauds d’assassins qu’il faut enfermer. Je comprends très bien qu’on ait envie d’oublier ce virus qui bouffe la vie. Mais que la justice vienne signifier qu’un comportement doit ou devrait être et l’autre pas, ça me paraît complètement justifié.

     
  • Par jcm 04 Jan 2012 - 16 H 55

    débat périmé et hypocrite

    les séropositifs soignés ne sont pas contaminants. Si procès il y a, c’est à cause de la pression des lobbys LGBT pour que le TASP ne soit pas révélé. Sous la pression de responsables homos de la prévention, les malades hétéros soignés n’ont pas été informés qu’ils pouvaient se passer de capote et ont eu des rapports sans préservatifs contaminants .

    Il faut poursuivre en justice sida info et les associations de prévention, c’est tout.

    Il n’y aura plus aucun procès pour des affaires après 2008, ou alors cette fois ce sera la médecine qui sera mise en cause, c’est aussi simple que cela.

    Pour les gays, il suffit de faciliter les rencontres bareback au lieu de les stigmatiser et les gens se rencontreront sans surprise aucune et sans drame, comme avant la prévention homo facho qui n’est rentrée en scène que vers 1990 , avant tout allait bien en France.
    les procès néanmoins restent une affaire essentiellement hétéro , car un rapport sans préso hétéro est la norme, et la fille n’est pas obligée de se méfier , alors quel’homo si.

     
  • Par Kévin Gagneul 04 Jan 2012 - 17 H 16

    JCM grand donneur de leçons, insultant la terre entière…

    Pauvre garçon…

     
  • Par jcm 04 Jan 2012 - 20 H 03

    Aucune critique sur le fond, juste le commentaire sur moi histoire de rassurer tes potes.
    bizarre ce silence total sur un sujet absolument majeur, alors que tu développes très correctement sur les égarements du féminisme….
    Serais-tu d’accord avec mon premier paragraphe ?

    héhé, je le pense !

    ***************************************

    Tiens j’ai une question : est-ce que tu mets encore des capotes pour te passer de traitements ou est-ce que tu t’en passes désormais ? est-ce que tu vis seul ou encore chez ta mère ?
    Mon ami a 15 ans de plus que moi, 4 enfants, 3 petits enfants , et il est bac -7, c’est pour cela qu’il n’écrira jamais ( d’ailleurs il ne comprend rien à ce que j’écris, le sida il s’en fout , il ne m’en parle jamais , ça me fait une pause quand je reviens du front …). Je vois mes parents 1 fois par mois.
    Ma famille a toujours eu un a priori culturel pro subversif de bon alois de bourge de gauche 68. ma mère m’a fait le grand jeu quand elle a su que j’étais homo ( inévitable ) : m’offrir une pute, s’habiller en noir….et puis elle a laché prise, retour au discours de bourge de gauche…peinard. Rien à prouver à ma famille, j’étais et reste le premier de la classe malgré les talents de mon plus jeune frère.

    ta famille : un problème avec ton père, garanti ! Soit il est mort ou idéalisé, mais il te terrifie. Aucune autre explication à tes contradictions, lesquelles se résument à ceci : ton obsession pour les intérets de la cause LGBT te masquent toutes les évolutions qu’elle a traversées, jusqu’à ses dérives les plus criantes. J’en ai été un des militants les plus actifs et j’ai financé act-up à ses débuts quand de province je n’avais pas compris de quoi il en retournait. ca n’a pas duré, il m’a suffit de me rendre sur place. Lestrade est un fou, qui a le complexe d’infériorité devant son père, flic d’ailleurs.

    Mon conseil : change « d’amis », tue le père flic, tue la mère cinglée et incestueuse ( LGBT ).

    C’est en voulant donner « à tout prix » une image la plus acceptable possible de la communauté homo au reste de la société que , par le temps du sida, on vend son âme au diable. Pierre Bergé appartient à la génération antérieure à la mienne, celle des grands traumatisés, obsédés par la terreur du retour en arrière. On ne peut pas aller de l’avant avec des gens d’un tel profil , or ses milliards ont infesté la communauté LGBT. La sanction de cette erreur majeure, céder à la peur du regard de la société, est que finalement tu as été viré de la police, croyant avoir pourtant mérité d’elle…… ce qui est une sanction juste pour ta sottise incommensurable . Injuste récompense pour tout tes mérites ? Non, suite logique des choses, comme on fait son lit on se couche, tu es TRES MAL entouré. Je n’ai aucune chance d’être entendu aujourd’hui, mais tu t’en rappelleras dans 30 ans.

    Il y a ce vieux proverbe : quand on ne peut vaincre son ennemi, on s’en fait un ami / ben ouais, mais , là, ça n’a pas marché ! Ca ne marchera jamais. La cohérence intellectuelle est le seul critère qui fait réussir en politique. Il vaut mieux accepter de perdre et rester fidèle à soi-même.

    Tu es désenchanté, ai-je lu quelque part ….. tu as ouvert un oeil sur tes premières désillusions avec ce paradoxe féministe qui t’as violemment troublé. Disons que j’ai subi dans ma jeunesse le même choc vers les années 1988/1989… contre le mouvement homo. Dis toi bien que le mouvement homo d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celui qu’il était et que tu n’as pas connu. Si tu observes le comportement des homos dans les pays où l’homosexualité est sévèrement réprimée, tu verras que tout se résume à délation du voisin pour ne pas soi même être soupçonné. Bien que l’homosexualité soit légalisée dans notre pays, grâce au travail de MA génération, la situation sous le sida ne modifie pas le diagnostique : tes copains sont des délateurs , la pire racaille qui puisse exister, et sous l’oppression, les gens bien sont rarissimes.
    S’il suffisait de faire de la prévention avec la capote pour sauver des vies afin d’être une personne bien, si c’était là la marque du courage et du dévouement pour la bonne cause des justes, la marque de l’effort et de l’exception d’une action remarquable et utile, crois-moi, ça se saurait.

    Les gays utiles , artistes , intellectuels, intelligents, courageux, ils sont tous morts du sida entre 1985 et 1990, et qui a survécu ? : évidemment pas n’importe qui ! Il n’y a pas de hasard. Le profil du survivant homo de cette époque est simple. Epargné par le sida à cette époque = ne pratiquait pas le sexe = refoulé = anti homoSEXUEL = homo de façade, réac dans l’âme. les vrais homos affranchis n’ont toujours pas repris le pouvoir dans cette communauté, envahie par les coucous, ou les jaunes qui pissent de terreur dans leur froc au seul mot d’homophobie.

     
  • Par jcm 12 Jan 2012 - 11 H 17

    sans rapport avec le sujet judiciaire, je reprends le titre : « le tribunal des flagrants délires », pour le coté humoristique auquel il réfère pour ceux qui ont connu l’émission de radio de Claude Villers avec Desproges et Luis Rego.

    je regrette Kevin, que tu n’aies pas répondu à certains des thèmes évoqués. Mais bon, tu bosses….quoique , moi aussi, maisje trouve le temps d’écrire en plus de celui de travailler et de « vivre ».

    Je lis de temps à autres les sites gays : sur citegay, je vois une jolie perle après au sujet du ressenti de la séropositivité chez les séronégatifs, dans une étude / débat entre spécialistes réunis par l’ineffable SNEG :

    « souvent les séronégatifs n’ont pas le droit de s’exprimer » !

    vaut mieux lire ça que d’être aveugle !

    Après ton séjour auprès des femmes sécateurs, es-tu atterré par de nouvelles informations affligeantes , avances-tu dans ta métamorphose, tendance papilio machaon ou toujours mite à pull en laine associative ?

    J’aimerais que tu prennes des textes de Lestrade et qu’on les commente.

    si tu as le temps, et même si tu n’as pas l’envie.

     
  • Par Mitigé 11 Fév 2013 - 23 H 39

    Je viens de tomber sur cet article, même s’il est vieux je me risque à y répondre.

    J’ai un véritable problème avec les propos tenus ici. Si je m’oppose à la repression, je ne veux pas tomber dans le travers d’aller d’être condamné à l’empathie envers ceux qui contaminent volontairement des personnes.
    J’ai eu la chance de ne pas être S+, mais ça ne m’a pas empêché d’être contaminé par des mst, certes moins grave, tout aussi transmissibles. C’était à une période ou j’avais de nombreux rapports sexuels. J’ai pris mon courage à deux mains, et je me suis protégé, pas par peur de condamnation, mais par respect. Si j’avais le virus Ebola, je n’irais pas toussé dans la gueule de mes voisins en me disant « ils pouvaient penser à mettre un masque, ils sont tout aussi responsable que moi ». Quand on a une maladie contagieuse, aussi grave, on se doit de protéger ceux qui nous entours. D’une part, cela permet d’endiguer partiellement la maladie, d’autre part, car on ne peut faire subir aux autres quelque chose dont on aurait aimé se passer. C’est une question d’équité moralenn1

     
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