Il y a des journées comme ça qui commencent merveilleusement bien et qui finissent mal. Aujourd’hui fut une journée comme celle là.

 

Ou?: mon boulot

Qui?: mes collègues

Quand?: aujourd’hui

 

J’ai pour habitude le matin en passant devant la cafetière de prendre deux gobelets de café afin d’en apporter un à ma collègue et un autre pour moi même, je crois savoir que ma collègue apprécie ce geste d’attention simple. Pas de chance, plus de gobelets en cartons, je me penche, j’arrive à trouver des mugs. Sans le savoir, je viens de prendre les tasses d’agents avec qui je travaille. Je me dis que c’est pas bien méchant, je vais les rapporter après avoir siroté mon café et fumer ma clope… candeur… candeur!

Mes journées sont pleines, pas de quoi chômer. La journée passe quand dans un couloir je croise un agent qui m’interpelle: « C’est vous qui avez ma tasse? ».

Je sens d’avance un problème venir, cet agent n’a pas -je le sais- une grande affection pour moi, je fais le choix de la jouer mezzo mezzo: « Oui, toutes mes excuses, je ne savais pas que c’était ta tasse, je vais te la rendre ». Je pensais que « l’incident » allait s’arrêter là… candeur… candeur (décidément!).

D’un ton hésitant il me dit: « Non non, gardez là, je vous la donne maintenant ».

Je suis un peu scotché, je m’étonne d’une si grande sollicitude, m’enfin pourquoi pas. Je descends les escaliers, et là je m’arrête, en me demandant « non, c’est quand même pas ça…? ».

Je retourne à mon bureau quand un autre agent m’arrête en me disant: « Oulala, il est pas content… euh… tu sais… il m’a dit que c’était pas bien de t’avoir donné sa tasse ». Encore une fois interrogatif elle se sent le besoin de compléter les propos de son collègue: « Les gens comme toi ont des maladies, non mais tu te rends compte?! » L’agent tout aussi atterré que moi par une si grosse bêtise.

Seulement après deux minutes, je commence à réaliser… je suis furax.

Je claque une porte (drama queen quand tu nous tiens…), je chope une clope et je vais me calmer.

Je ne cache pas qu’entre mon bureau et là ou il est autorisé de fumer, si j’avais eu le malheur de le croiser, je ne sais pas si ma réaction eut été… intelligente. Il a eu de la chance.

Alors voilà, que penser de tout ça? Homophobie? Sérophobie? C’est forcément l’un ou l’autre et dans les deux cas c’est discriminatoire.

Je ne peux pas écrire ses lignes sans souligner l’attitude affectueuses de mes « autres » collègues qui eux ne pensent pas comme ça.

A ceux qui pensent que d’être séropositif est une sinécure, voilà, à vous de juger. Certes il y a les tri-thérapie, mais il y a la vie tout autour, elle est belle, elle donne de l’espoir, mais des fois il y a des coups dur comme ça. Certes les choses avancent, mais ce type d’exemple me confirme dans l’idée que vis à vis du VIH nous sommes médicalement en 2011 mais que socialement il y a encore du retard…

En écrivant ce post mes pensée « vont » à Sophie de Menthon et à ses propos, car la pédagogie par l’exemple, ça ne marche pas tout le temps, mais ça aide… si elle pouvait aussi apporter sa pierre à l’édifice… en se taisant, je lui en serai grès.

Jugez vous même:

 

Je suis séropositif, je le suis et vais le rester, il va bien falloir qu’ils fassent avec.