Ce mot s’impose à moi, celui de cette chanson de Mylène Farmer, notre mère à toutes et tous (sauf à certainEs).

Le mouvement associatif LGBT (et d’autres lettres encore…) est inséparable de la lutte contre le Sida, elle est génétiquement inscrite -souvent dans les statuts même- des associations luttant pour l’égalité des droits et la lutte contre les LGBTphobies.

Ce milieu là est souvent décrié, rayé par nombres de personnes sans le connaitre, sans savoir que des gens, militants, donnent du temps, beaucoup de temps pour une cause, des causes qui ont eu pour conséquence de bénéficier à l’ensemble des LGBT et même des hétérosexuelLEs, la dépénalisation de l’homosexualité et la création du PaCS sont les deux exemples les plus significatifs. Nous ne vivons pas dans un monde idéal, beaucoup de choses restant encore à faire. Voilà pourquoi les militants d’aujourd’hui, sont les héritiers des ceux d’hier.

Autour de moi j’ai souvent entendu des critiques que je ne comprenais pas, que je ne partageais pas. Un monde clôt, fermé, incompréhensible qui avait donné comme impression de parler au nom de tout le monde.

Les critiquer oui, mais avec respect.

Le critiquer il le faut, une critique constructive restant bien meilleure. La présence de mouvements un peu plus « radicaux » ont l’avantage de permettre de ne pas nous endormir sur nos acquis tel que nous avons eu à le vivre avec le vote du PaCS, le soufflet était retombé,  nous avions la reconnaissance de nos couples, la vie était belle. Seulement il nous a été difficile de reprendre notre bâton de pèlerin et de retourner au combat pour exiger bien plus d’égalité car au fond, nous restions encore des citoyens de seconde zone.

J’ai parlé d’héritage, et je le revendique. A mes yeux, le commencement de l’ère militante débute avec Magnus Hirschfeld dans l’entre deux guerre, une pause entre l’arrivée d’Hitler a la tête de l’Allemagne et la libération de l’Europe. A partir de ce moment là, un processus long, intense s’est enclenché.

Pourquoi ce rappel?

Parce que cela n’est pas enseigné dans les manuels scolaire, ce n’est pas comme dans toutes les familles ou la grand mère raconte ce qu’elle vivant du temps ou sa mère était là. Une transmission qui n’a pas lieue dans notre histoire collective et dont notre vie aujourd’hui découle.

Ce mouvement militant fut traversé par une forte envie de bouleverser la société, les codes, les carcans dans lesquels « nous » étions. Le mouvement féministe avant beaucoup avancé, nous y avions contribué, il était temps pour nous aussi de récolter le fruit de nos mobilisations. Dans ce mouvement qui voulait révolutionner le monde, il y avait un coté subversif, pas comme les autres. Nous n’étions pas les autres, alors pourquoi vivre et penser comme eux. Aujourd’hui certains penseront que c’était d’affreux gauchistes mais après tout, ils bougeaient eux…

Mais patatra, 1983 et le virus du Sida est isolé, un virus terrible qui sera lié a jamais à ce mouvement qui voulait des droits et qui finalement ne réclamera qu’une chose, trouver un moyen de pouvoir vivre encore un peu plus longtemps.

« Nous » comptions et enterrions nos morts.

Terminé le temps de la controverse, il est temps d’être sérieux.

Voilà donc d’ou nous venons.

Aujourd’hui, je crois sincèrement que nous venons de définitivement perdre l’état d’esprit qui caractérisait le #LGBT’fightmouvement.

L’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), sont Conseil des Associations pour être précis, vient de voter par 33 pour et 3 abstentions l’adhésion d’une association en son sein: Osez le féminisme (OLF). Oh la belle idée que voilà en lisant ça sur le papier. Car il ne faut pas oublier une chose, c’est qu’historiquement, le féminisme et le mouvement homo était lié et s’est ensuite mutuellement perdu de vues… Une fois que les associations féministes eurent ce qu’elles demandaient (très légitimement d’ailleurs, elles ont eu peu beaucoup laissées tomber leurs soeurs et frères homosexuelLEs qui avaient bien besoin de faire avancer les choses.

A nouveau, le féminisme et les LGBT ont renoués formellement.

Seulement voilà, c’est sans connaître OLF, une association dont nous pourrions nous féliciter, non pas de son existence, car malheureusement il est regrettable de devoir encore militer sur ce sujet là en 2011… mais les choses sont ainsi, il faut lutter encore et encore. OLF association féministe (car je ne suis personne pour juger ou pas de qui l’est) tient un discours très précis sur les prostituéEs, la prostitution et les clientEs. Je tiens à énumérer ici ces trois mots qui sont indissociables, un peu comme homosexuelLE et homosexualité… Nier l’un ou l’autre est ridicule. Il y a un quatrième mot, qui lui est a part bien qu’important sur ce sujet. J’y reviendrai.

Elles sont très clairement abolitionnistes et le revendiquent. 

CertainEs pourront se demander pourquoi cette adhésion est si intriguante à mes yeux, pourquoi elle touche au plus profond ma conscience. Elle est concomitante avec un autres évènement.

La présidente du Centre LGBT Paris Ile-de France a, prit au nom de l’association qu’elle préside et en son nom la décision d’être du coté de se courant de pensée.

Ce courant de pensée antiputes, qui s’oppose totalement à ce que les prostituéEs puissent avoir un statut juridique protecteur, que les cotisations qu’elles payent aujourd’hui ouvrent des droits à la Sécurité sociale. honteux pour elles, elles doivent faire autre chose même. Si celles et ceux qui ont faits le choix d’être prostituéEs qui ne demandent pas l’aumône, mais la reconnaissance de leurs droits, et de disposer pleinement de leurs corps comme ils et elles l’entendent (dites donc, c’est pas ce qui revendiquent aujourd’hui les associations LGBT et revendiquaient les femmes dans les années 70?).

Vilaines proxénètes déguiséEs en prostituéEs!

La meilleure défense c’est l’attaque, la meilleure attaque c’est le dénigrement.

Aujourd’hui les prostituéEs ont faits comme nous, comme les femmes pour leurs droits, elles et ils s’organisent, elles et ils revendiquent, elle ils militent, elles et ils manifestent.

Ils et elles ont un syndicats, le Strass.

Une élues de gauche eut la bonne idée de les traiter de proxénètes, belle idée qu’elle a eut, en première instance et en Appel, Henriette Zoughébi fut condamnée par la justice.

Je passe ici nombres les évènements passés, les mots, les écrits blessant, outrageant pour des gens, des Etre humains, qui ne demande finalement pas grand choses.

J’ai parlé d’un quatrième mot, il est important, c’est celui de proxénétisme. Les filles et les garçons de Strass ne font pas l’impasse sur ça, ils et elles le combattent. Se prostituer soit être un choix, ce ne doit pas être une contrainte, sinon ce n’est pas de la prostitution, c’est de l’esclavage, de la traite d’humain.

Chez OLF et la présidente du Centre LGBT, donner un statut au prostituéEs, c’est favoriser la proxénétisme.

C’est a croire qu’elles font exprès de ne pas comprendre.

Comment imaginer que donner des droits à des gens, puisse multiplier un fait. C’est comme de dire qu’en ouvrant le mariage aux couples de même sexes, il y aura plus de gens qui vont être homosexuelLEs, au mieux c’est idiot, au pire c’est débile…

La guerre des chiffres fait rage, les abolitionnistes font tout pour nous abreuver de chiffres, mais en fait, comment compter quelque chose qui n’existe pas, qui n’a pas d’existence légale? A moins que Caroline de Haas (fondatrice d’OLF) soit la mère spirituelle de Madame Soleil, je me demande comment ces chiffres sont calculés…

Ce mouvement, sacralisateur de l’acte sexuel, faisant du corps presque un interdit, même quand le consentement est clairement exprimé car il faut le dire et le redire, quand une femme dit non, c’est non, aussi avec les putes…! Ces femmes (et ces hommes) qui ont tout oubliéEs de la lutte féministe pour que ce corps entravé, manipulé, passé de père en mari puisse être libre, disposé par sa seule propriétaire, elle même.

Aujourd’hui le mouvement LGBT par l’entremise de l’Inter LGBT, structure importante, dans laquelle j’ai exercé une fonction, celle qui tout les ans organise l’une des plus grande manifestation de France vient de faire un pas vers ce mouvement.

Comment une simple adhésion peut-elle faire penser cela?

Au sein de l’Inter-LGBT, un projet est en discussion, peut-être qu’il ne va pas aboutir, je l’espère.

La fusion entre L’Inter LGBT et le Centre LGBT… vous me comprenez maintenant?

Une structure d’accueil, social, psychologique, juridique, conviviale tel qui l’est le Centre LGBT qui ne devrait pas prendre une position aussi clivante, presque discriminatoire à l’égard d’un public qu’elle est amenée à rencontrer, car bien que les abolitionnistes ne cesses de le minimiser, il y a une prostitution masculine bien plus grande qu’elle ne l’imagines. Connectez vous sur Gay Roméo et vous constaterez à quelle point ce n’est pas anodin.

En face vous avez une Interassociative, composée d’associations diverses, militants pour les droits des LGBT, politique, revendicative, prenant partie. Certes, en sont sein, il y a déjà des associations abolitionnistes, MAIS et ce détail est important, avant d’être abolitionnistes, elles sont LGBT.

Deux structures aux missions importantes, essentiels mais tellement différentes que les mutualiser -car c’est cela qui est mis en avant- ne fera que brouiller le message.

Comment imaginer que la communication d’une structure unique puisse être différencié des ces deux missions… l’une n’irait donc pas avec l’autre…

Je suis au bord de la schizophrénie .

Alors que la présidente du Centre LGBT annonce sont départ de la présidence en Février, elle se rapproche de l’Inter LGBT pour proposer ce projet. Facile de fusionner sa structure avec une autre juste avant son départ. C’est un peu comme faire inscrire une règle d’or dans la Constitution à la fin de son mandat… (Nicolas si tu lis mon blog…) c’est tout sauf courageux.

L’arrivée d’OLF au sein de l’Inter-LGBT concomitamment à se projet de fusion, laisse percevoir l’idée que les idées abolitionnistes trust le mouvement LGBT pour mieux arriver à leurs fins tel que dans les partie politiques.

Pour le politique, c’est gagné avec le projet de pénalisation des clients, ouvrant encore un chemin à la précarisation des prostituéEs, et n’oublions pas que plus une ou un prostituéE exerce dans la clandestinité, plus elle est à même de prendre des risques avec sa sécurité et sa santé.

Pour le mouvement LGBT, il est encore temps…

Ce n’est pas le monde associatif que j’aime, ce n’est pas celui du respect des gens, de la volonté d’aller encore plus loin vers la reconnaissance du droit de vivre librement.

 

Je chercher une aaaaaame quI pourra m’aideeeeeer… je suis d’une généraaaaaatION désenchantéééééée…