Auteur : Kévin Gagneul

Le désenchantement.

Ce mot s’impose à moi, celui de cette chanson de Mylène Farmer, notre mère à toutes et tous (sauf à certainEs). Le mouvement associatif LGBT (et d’autres lettres encore…) est inséparable de la lutte contre le Sida, elle est génétiquement inscrite -souvent dans les statuts même- des associations luttant pour l’égalité des droits et la lutte contre les LGBTphobies. Ce milieu là est souvent décrié, rayé par nombres de personnes sans le connaitre, sans savoir que des gens, militants, donnent du temps, beaucoup de temps pour une cause, des causes qui ont eu pour conséquence de bénéficier à l’ensemble des LGBT et même des hétérosexuelLEs, la dépénalisation de l’homosexualité et la création du PaCS sont les deux exemples les plus significatifs. Nous ne vivons pas dans un monde idéal, beaucoup de choses restant encore à faire. Voilà pourquoi les militants d’aujourd’hui, sont les héritiers des ceux d’hier. Autour de moi j’ai souvent entendu des critiques que je ne comprenais pas, que je ne partageais pas. Un monde clôt, fermé, incompréhensible qui avait donné comme impression de parler au nom de tout le monde. Les critiquer oui, mais avec respect. Le critiquer il le faut, une critique constructive restant bien meilleure. La présence de mouvements un peu plus « radicaux » ont l’avantage de permettre de ne pas nous endormir sur nos acquis tel que nous avons eu à le vivre avec le vote...

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La ligne rouge.

Je suis atterré. Hier le site internet d’information vih.org a publié un article relatant un jugement rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris. Ce jugement et la cause de la plainte pose plusieurs questions. De par le passé -et le présent- nous entendions parler ici ou là que des personnes séropositives, portaient plaintes contre d’autres personnes séropositives qu’elles jugeaient responsables de leurs séroconversions. Des séropositifs contre des séropositifs, jusque là pas de soucis, ça ne dérange pas grand monde. Selon vih.org donc, le 15 novembre 2011, le TGI de Paris est saisi d’une affaire opposant une personne séropositive contre deux personnes dont le statut sérologique n’est pas précisé. Un plan à trois qui a mal tourné? Nous ne le saurons pas et là n’est pas le problème. Ces deux personnes ont publiquement dévoilées le statut sérologique du plaignant. Il est possible d’imaginer -au première abord- que cette procédure est le fruit de la judiciarisation de notre société et qu’en plus de tout demander aux enseignants et aux policiers (avec ou sans Kalachnikov d’ailleurs…), il est maintenant demandé aux juges de réglés tout nos différents et nos plus ou moins grandes contrariétés. Combien de fois ai je eu à vivre les regards d’appel à l’aide d’amiEs qui dans une conversation dont certains participants m’étaient totalement inconnus, ceux ci me demandaient d’un regard insistant si oui ou non ils pouvaient parler de ma...

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Faut qu’travaille… mais j’veux pas…

Voilà trop longtemps que je n’ai pas posté d’article, un rythme à reprendre…   Il y a une une semaine, j’ai passé un entretien d’embauche.   Pour mémoire, j’ai déjà un taf, la vie est presque belle, sauf que je sais bien que ce boulot là n’est pas pour toute la vie. Alors, je cherche « ailleurs ». Entre temps, je me suis dis, quitte à avoir des droits, autant les faire valoir,  suis séro+, la reconnaissance « travailleur handicapé » est… « de droit ». Va t’y pas que je me dirige vers la MDPH (Maison Départementale des Personne Handicapées) de Paris, bon, j’y arrive, je d&pose mon dossier… c’est de droit, donc… pratiquement automatique (me dis’je), et bien non, ça va prendre quelques mois… (11 mois me dit la préposée…). Ça, c’est fait… Y a une boite, qui me plait, à mes yeux le top du top.   Je postule.   Un petit coup de main, et zou mon CV s’en va. L’épreuve du CV, une torture, rédiger, actualiser, formater sa vie professionnelle, un calvaire… Quelques jours après, un coup de téléphone, c’est la dite boite, ils veulent prendre rendez vous. Ni une ni deux, c’est bouclé. Je stress (normal), suis tiré à 26 épingles (comme d’hab’), suis à l’heure (ni normal, ni comme d’hab’). Deux personnes me reçoivent, un entretien normal, à un détail prèt. Lors de mon entretien, la DRH me dit « j’ai eu vent de votre statut COTOREP » (ancienne...

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Connerie grandeur nature.

Il y a des journées comme ça qui commencent merveilleusement bien et qui finissent mal. Aujourd’hui fut une journée comme celle là.   Ou?: mon boulot Qui?: mes collègues Quand?: aujourd’hui   J’ai pour habitude le matin en passant devant la cafetière de prendre deux gobelets de café afin d’en apporter un à ma collègue et un autre pour moi même, je crois savoir que ma collègue apprécie ce geste d’attention simple. Pas de chance, plus de gobelets en cartons, je me penche, j’arrive à trouver des mugs. Sans le savoir, je viens de prendre les tasses d’agents avec qui je travaille. Je me dis que c’est pas bien méchant, je vais les rapporter après avoir siroté mon café et fumer ma clope… candeur… candeur! Mes journées sont pleines, pas de quoi chômer. La journée passe quand dans un couloir je croise un agent qui m’interpelle: « C’est vous qui avez ma tasse? ». Je sens d’avance un problème venir, cet agent n’a pas -je le sais- une grande affection pour moi, je fais le choix de la jouer mezzo mezzo: « Oui, toutes mes excuses, je ne savais pas que c’était ta tasse, je vais te la rendre ». Je pensais que « l’incident » allait s’arrêter là… candeur… candeur (décidément!). D’un ton hésitant il me dit: « Non non, gardez là, je vous la donne maintenant ». Je suis un peu scotché, je m’étonne d’une...

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Crète de coq

Tapons nous les uns des autre. C’est bien ce leitmotiv qui ensorcèle la « communauté » LGBT en ces temps particulièrement ensoleillés, il faut dire qu’il tape fort le bougre. Nous toutes et tous #transpédégouine passons notre temps à critiquer les uns, les autres, l’une ou l’autre. « Il a dit ça, elle fait ceci » à croire que finalement, le passage de l’enfance à l’age adulte ne doit pas se situer là ou nous pourrions le croire. Bref, tout LGBT que vous êtes, vous confirmez une chose: « L’homosexualité, ça guérit pas de la connerie ». Et comme la connerie ça se partage, partageons. Pendant que les critiques contre l’affiche de l’Inter LGBT fusaient, j’étais comme un… coq en pâte. Je ne pouvais cesser de me demander comment une telle affiche (quoi que très discutable) pouvait provoquer autant  de haine, si ce n’est de la bêtise. L’utilisation du mot bêtise cible ici (soyons courageux) le représentant de l’association le Refuge qui crois que c’est en utilisant le poison de l’homophobie qu’il va réussir à lutter contre, n’est pas Mithridat qui veut. C’est bien d’avoir créé une association dont le but est louable à souhait, mais si la dite association est là pour vilipender et permettre à son dirigent de vomir de grossières erreurs sinon d’être presque follophobe alors le mot usité par la « rue arabe » lui va très bien: DÉGAGE. Je viens là de...

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« Mon truc en + »: Le Blog de Kevin Gagneul

Kevin

Entendre, comprendre, assumer et expliquer la vie d'un séropositif en France.