Auteur : Kévin Gagneul

Good Bye Sida

Demain c’est le 1er Décembre… mon dieu, mais que peut’il bien y avoir ce jour là à mon agenda? Journée Mondiale de lutte contre le Sida, c’est bien, il en faut une… au moins pour le symbole. La veille (c’est à dire aujourd’hui) va être diffusé sur ARTE le documentaire Good Bye Sida d’Yvonne Debeaurmaché. J’ai eu le plaisir de participer à ce documentaire. Un magnifique portrait de famille. Une série de portraits, de personnes vivant avec le VIH… des visages, des histoires, des vécus… la vie quoi. Pourquoi participer à un tel documentaire? Parler du VIH c’est bien, mais parler des séropositif… c’est bien aussi, et malheureusement nous n’en parlons pas assez. Faire de la prévention, c’est aborder L’ENSEMBLE des aspects de la maladie… Le virus, les traitements, la capote… et les personnes! Car il y a des personnes derrière cette maladie, il y a des histoires de cul, des histoires de coeur, des travailleurs et des travailleuses… Ce documentaire interroge, interpelle… et c’est tant mieux. Moi même qui y ai participer il me bouscule (et c’est encore tant mieux). Je pense à ces femmes qui ont témoignées, mais à visage couvert. Pourquoi? Elles doivent avoir de bonnes raisons, et justement, parce que ces raisons sont bonnes, elles me font enragés. C’est bien la preuve qu’aujourd’hui en France, vivre sa séropositivité au grand jour, presque « banalement » n’est pas...

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L’humeur en –

En cette période de remaniement ministériel, je me demande pour si moi aussi je vais pas un peu remanier ma vie. Rien ne va. Je viens de « digérer » le fait que mon ancien petit ami se tire avec un autre, et paf! Un autre garçon rentre dans ma vie, jusque là, tout va bien…. Il habite… un peu loin. Nous voilà dans une merveilleuse relation, pleine de compréhension, d’attention,  de tendresse et de douceur. Mais il n’est pas là. je ne suis pas là. par principe la distance n’est pas un problème, c’est dans sa quotidienneté qu’elle l’est… problématique. Hier soir j’étais en larme, et lui fatigué. Nous ne pouvions pas être présents l’un pour l’autre… En ce moment mon virus me pèse, je sais qu’il est là. Il me nargue, me chatouille… il se moque de moi. J’ai l’impression d’être trop dans « l’empathie », un rien me bouscule, une mauvais nouvelle et c’est pour moi un drame. A fleur de peau et épidermique, je ne suis pas dans un état normal. Tout ce qui se fait et se dit sur le VIH m’énerve, comme l’impression que cette « affaire » vire à la comédie de boulevard. Je veux bien prendre ma part dans cette imbroglio asociativo-administratif. les associations sont diverses et c’est une chance, mais des fois, des crises d’égo et de pouvoir font reculer la qualité du débat. Roselyne Bachelot...

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A l'ami qui m'a sauvé la vie.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des hauts et des bas, des rencontres et des ruptures. Il m’est arrivé de me demander si les rencontres sont faites pour durer, les gens sont de passage dans nos vies, les rencontres, elles,  y restent parfois et souvent en sortent. Elles ont une influence sur nos vies, elles contribuent  à nous perfectionner voir nous améliorer. Ils et elles sont là faisant partie de notre histoire. Il y a un an et un mois très précisément une personne a fait sont entrée dans ma vie et dans mon histoire à un moment où  j’étais au plus mal. Il à été à mes cotés, me soutenant voire  me bousculant pour que les choses aillent mieux, son action fut bénéfique voire salutaire. Sans lui rien n’aurait été possible. Il m’a offert son cœur, son corps et son âme, donné son énergie pour moi sans jamais la compter. Il a été là physiquement et moralement allant du simple sourire jusqu’à me forcer la main toujours de manière bienveillante. Comment arriver à croire qu’une histoire si douloureuse par moments mais pourtant si belle puisse maintenant prendre le mot fin. Lui qui me procurait un bonheur incroyable rien qu’en posant les yeux sur moi. Vais-je devoir dire adieu à tout cela ? Rien que d’y penser les larmes me montent aux yeux. Je dois...

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Le tribunal des flagrants délires

Le sujet est trop important pour ne pas prendre position et essayer de changer les points de vues en donnant le mien. Être séropositif, avoir un rapport sexuel non protégé et ne pas dire à son partenaire son statut sérologique est donc constitutif d’une infraction permettant aux Procureurs de la République de poursuivre. Des tribunaux ont confirmés cela en prononçant des condamnations. Les décisions de justice étant rendus au nom du peuple français, je vais me donner l’autorisation de les commenter. Les Procureurs instruisant dans l’intérêt public, je vais me permettre de le critiquer. Comme dit une collègue au boulot « il y a baleine sous rocher ». Apprendre sa contamination où l’envie de revanche Lors de l’annonce de ma séropositivité, je fus très étonné par l’envie de vengeance  que pouvait éprouver ma mère – dis moi tout de suite qui c’est!-, non et encore non, nous étions deux dans le lit, nous étions deux à ne pas nous protéger. Savoir, poursuivre et me venger ne changera rien. Je serais toujours séropositif. Il m’a fallu expliquer en quoi la responsabilité était partagée. Car c’est bien là ce qui peut caractériser -sans les connaître- les personnes assises sur le banc des victimes lors de procès (dont un très récent) pour administration de substance nuisible. Ils ou elles se considèrent comme des victimes d’odieux contaminateurs. Les juges leurs donnant raisons. C’est nier la...

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Pas de virus à l’Intérieur!

Le 23 octobre 2007, c’est le cœur battant que j’entre comme élève à l’École Nationale de Police de Nîmes. je suis frais, la tête pleine d’envie. Après un parcours scolaire difficile, j’ai du mal à trouver ma voie professionnelle. L’impasse! Il y a des moments, des gens qui comme un éclair de lueur ont le mot qu’il faut, l’idée lumineuse… C’est ce que Marie Françoise aura. Cette femme voluptueuse, douée d’un charme sans faille et d’une fine intelligence me suggère de devenir policier. Imaginez le fou rire! N’étant bagarreur, taillé comme un stylo, je me demande bien pourquoi cette amie si intuitive décèle chez moi l’âme d’une future Julie Lescaut. « Tu y a toute ta place! » Ne trouvant pas l’idée si saugrenue que ça, je passe les concours de la police au grade d’Adjoint de Sécurité. je sors de la salle du jury avec les félicitations. L’aventure commence. L’école de Police est une épreuve, je m’y suis élevé, renforcé… affirmé. Après ma scolarité à Nîmes, j’intègre un commissariat de banlieue… je retrouve mon 9-3 natale. Je suis sans ironie « aux anges » L’activité professionnelle d’un policier est aléatoire, avec des hauts et des bas. le manque criant de moyens, la dévalorisation de la profession sont des facteurs n’arrangeant vraiment rien… mais voilà, le sentiment d’utilité, l’action, le service rendu alimente ma vacation. Jusqu’au jour où le ciel m’est tombé sur...

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« Mon truc en + »: Le Blog de Kevin Gagneul

Kevin

Entendre, comprendre, assumer et expliquer la vie d'un séropositif en France.