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MON TRUC EN +
Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
Non classé | 30.11.2010 - 14 h 58 | 8 COMMENTAIRES
Good Bye Sida

Demain c’est le 1er Décembre… mon dieu, mais que peut’il bien y avoir ce jour là à mon agenda?

Journée Mondiale de lutte contre le Sida, c’est bien, il en faut une… au moins pour le symbole.

La veille (c’est à dire aujourd’hui) va être diffusé sur ARTE le documentaire Good Bye Sida d’Yvonne Debeaurmaché. J’ai eu le plaisir de participer à ce documentaire.

Un magnifique portrait de famille.

Une série de portraits, de personnes vivant avec le VIH… des visages, des histoires, des vécus… la vie quoi.

Pourquoi participer à un tel documentaire?

Parler du VIH c’est bien, mais parler des séropositif… c’est bien aussi, et malheureusement nous n’en parlons pas assez. Faire de la prévention, c’est aborder L’ENSEMBLE des aspects de la maladie… Le virus, les traitements, la capote… et les personnes! Car il y a des personnes derrière cette maladie, il y a des histoires de cul, des histoires de coeur, des travailleurs et des travailleuses…

Ce documentaire interroge, interpelle… et c’est tant mieux.

Moi même qui y ai participer il me bouscule (et c’est encore tant mieux). Je pense à ces femmes qui ont témoignées, mais à visage couvert. Pourquoi? Elles doivent avoir de bonnes raisons, et justement, parce que ces raisons sont bonnes, elles me font enragés. C’est bien la preuve qu’aujourd’hui en France, vivre sa séropositivité au grand jour, presque « banalement » n’est pas encore possible.

Ce documentaire va surement agacer, contrarier… mais à mon sens il est inattaquable, tout simplement parce qu’il est vrai, totalement vrai.

Il montre des témoignages, du vécu. Les séropositifs et séropositives de ce documentaire apportent leurs propre vérités, ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent. Parce que là est l’intérêt de ce film, ce sont les personnes vivant avec le VIH qui parlent, et personnes d’autres. Certes les médecins sont là, Bruno Spire le Président de l’association AIDES, mais ils sont « minoritaires »… pour une fois. Peut importe ce qu’ils disent, c’est la parole des personnes directement concernés qui prime…

Les peurs et les attentes, les doutes et les espoirs.

Non classé | 16.11.2010 - 13 h 23 | 6 COMMENTAIRES
L’humeur en –

En cette période de remaniement ministériel, je me demande pour si moi aussi je vais pas un peu remanier ma vie.

Rien ne va.

Je viens de « digérer » le fait que mon ancien petit ami se tire avec un autre, et paf! Un autre garçon rentre dans ma vie, jusque là, tout va bien…. Il habite… un peu loin. Nous voilà dans une merveilleuse relation, pleine de compréhension, d’attention,  de tendresse et de douceur. Mais il n’est pas là. je ne suis pas là. par principe la distance n’est pas un problème, c’est dans sa quotidienneté qu’elle l’est… problématique. Hier soir j’étais en larme, et lui fatigué. Nous ne pouvions pas être présents l’un pour l’autre…

En ce moment mon virus me pèse, je sais qu’il est là. Il me nargue, me chatouille… il se moque de moi.

J’ai l’impression d’être trop dans « l’empathie », un rien me bouscule, une mauvais nouvelle et c’est pour moi un drame. A fleur de peau et épidermique, je ne suis pas dans un état normal.

Tout ce qui se fait et se dit sur le VIH m’énerve, comme l’impression que cette « affaire » vire à la comédie de boulevard. Je veux bien prendre ma part dans cette imbroglio asociativo-administratif. les associations sont diverses et c’est une chance, mais des fois, des crises d’égo et de pouvoir font reculer la qualité du débat.

Roselyne Bachelot part du ministère de la Santé, c’est bien la première fois que celle ci écoute et exécute une demande d’Act-Up Paris… Comme quoi, arrive à point qui sait attendre.

Un plan SIDA vient de sortir, il est long, il est lourd, il est volumineux.

Un plan SIDA vient de sortir, il est en retard, il est creux, il est mal financé.

L’ancienne Ministre de la Santé et des Sport avait un « crédit » de sympathie auprès d’une partie des LGBT, même ceux de gauche. Non pas politiquement, car elle reste une femme politique de droite, mais sur un plan humain (ce qui au passage est bien plus gratifiant). En acceptant le poste qu’elle vient de céder à Nora Bera, tout ce pourquoi elle fut aimé ou simplement respecté vient de partir en fumer. j’ai entendu ici et là, dans la bouche de gens n’ayant pas forcément beaucoup de points en commun cette phrase cinglante:

« Elle est la pire Ministre de la Santé que nous avons eu. »

Ma mauvaise humeur se porte aussi sur mes cachets, cette putain de trithérapie de merde que je ne peux pas voir en peinture. Ils sont là, je regarde régulièrement la boite. Elle reste dans le placard…

Pas envie de me faire chier avec!

J’aime pas ma vie en ce moment tout simplement parce que tout ce que je déteste m’atteint facilement et tout ce que j’aime est compliqué. Beaucoup diront que c’est ainsi, que la vie est semée d’embuche et que rien n’est facile. Et bien non, désolé, mais es fois, un peu de facilité, ça soulage et ça repose.

Non classé | 15.10.2010 - 11 h 44 | 14 COMMENTAIRES
A l'ami qui m'a sauvé la vie.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des hauts et des bas, des rencontres et des ruptures.

Il m’est arrivé de me demander si les rencontres sont faites pour durer, les gens sont de passage dans nos vies, les rencontres, elles,  y restent parfois et souvent en sortent. Elles ont une influence sur nos vies, elles contribuent  à nous perfectionner voir nous améliorer. Ils et elles sont là faisant partie de notre histoire.

Il y a un an et un mois très précisément une personne a fait sont entrée dans ma vie et dans mon histoire à un moment où  j’étais au plus mal.

Il à été à mes cotés, me soutenant voire  me bousculant pour que les choses aillent mieux, son action fut bénéfique voire salutaire. Sans lui rien n’aurait été possible. Il m’a offert son cœur, son corps et son âme, donné son énergie pour moi sans jamais la compter. Il a été là physiquement et moralement allant du simple sourire jusqu’à me forcer la main toujours de manière bienveillante.

Comment arriver à croire qu’une histoire si douloureuse par moments mais pourtant si belle puisse maintenant prendre le mot fin. Lui qui me procurait un bonheur incroyable rien qu’en posant les yeux sur moi. Vais-je devoir dire adieu à tout cela ? Rien que d’y penser les larmes me montent aux yeux.

Je dois maintenant faire avec ou sans lui.

Cette rupture me fait poser des tonnes de questions sur moi, sur mon attitude, sur mes actes. C’est bien.

Mais elle m’interroge sur des aspects plus torturés de ma vie, mon traitement. Car lui et lui seul a été en mesure de me mettre le pied à l’étrier. Il fut là et avait les mots, je l’ai fait parce que j’avais un avenir avec lui. Il fallait donc que cet avenir soit le plus long possible.

Et maintenant ?

Il est là, présent, dans mon cœur et n’en sortira jamais. Notre relation doit changer, pour que j’aille mieux, pour que lui soit heureux. Car là est ma préoccupation du moment, qu’il soit heureux. D’autres bras lui sont ouverts, les miens aussi mais ils doivent laisser place à l’amour d’un autre qui lui veut aussi son bonheur.

Je ne suis pas celui qui y a réussit, même si je l’ai toujours voulu.

Mon amour pour lui est sans borne et ne peut s’éteindre. S’il ne peut s’éteindre je vais devoir le mettre en veilleuse dans un coin de mon cœur et vivre avec. Je serais  toujours là pour lui, dans les coups durs et dans les moments de bonheur. En fera t’il de même ?

Surmonter, vivre, lutter contre son VIH ne peut se faire seul, lui était là, au bon moment et de la bonne manière. Tout les doutes qu’il avait éteint reviennent à la surface.

D’un truc en « + » je suis passé à mon truc en « –  »…

Non classé | 28.08.2010 - 22 h 51 | 22 COMMENTAIRES
Le tribunal des flagrants délires

Le sujet est trop important pour ne pas prendre position et essayer de changer les points de vues en donnant le mien.

Être séropositif, avoir un rapport sexuel non protégé et ne pas dire à son partenaire son statut sérologique est donc constitutif d’une infraction permettant aux Procureurs de la République de poursuivre. Des tribunaux ont confirmés cela en prononçant des condamnations.

Les décisions de justice étant rendus au nom du peuple français, je vais me donner l’autorisation de les commenter. Les Procureurs instruisant dans l’intérêt public, je vais me permettre de le critiquer.

Comme dit une collègue au boulot « il y a baleine sous rocher ».

Apprendre sa contamination où l’envie de revanche

Lors de l’annonce de ma séropositivité, je fus très étonné par l’envie de vengeance  que pouvait éprouver ma mère – dis moi tout de suite qui c’est!-, non et encore non, nous étions deux dans le lit, nous étions deux à ne pas nous protéger. Savoir, poursuivre et me venger ne changera rien.

Je serais toujours séropositif.

Il m’a fallu expliquer en quoi la responsabilité était partagée. Car c’est bien là ce qui peut caractériser -sans les connaître- les personnes assises sur le banc des victimes lors de procès (dont un très récent) pour administration de substance nuisible. Ils ou elles se considèrent comme des victimes d’odieux contaminateurs. Les juges leurs donnant raisons.

C’est nier la spécificité du VIH et la vie -presque- quotidienne des séropositifs. Il n’est pas toujours aisé de parler de son statut sérologique à un partenaire -d’un soir ou non- car la peur justifiée du rejet invoqué devient l’épée de Damoclès de la vie affective et sexuelle des personnes vivant avec le VIH. Il est facile de pointer du doigt celui qui ne dit pas quand très souvent l’autre ne l’est pas plus à l’entendre. Mélangez là le manque de confiance en soi et le déficit de connaissance et vous obtenez le cocktail diabolique d’une possible contamination.

Mais qui est responsable? Personne? Non! Tout le monde? Surement.

Les tribunaux, en donnant le statut de « victime contaminée » induit implicitement -pas tant que ça- l’existence de deux types de malades: les victimes et les responsables (qui ne le sont pas tant que ça à en croire la justice). Ce n’est pas leur rendre service, surtout qu’une victime d’aujourd’hui peut devenir un coupable demain.

Et l’Etat dans tout ça?

Les Procureurs sont responsables de cet imbroglio medico-judicaire. Ils écoutent des personnes avides de trouver des responsables en leur donnant  ce qu’ils veulent: un procès de leur contamination.

De la victimisation, nous passons à la sécurisation de la société. Ce que j’ai mal fait, maintenant que j’en suis « victime », je demande réparation. Dormez braves gens, nous vous assurons  votre sécurité quoi qu’il en coûte, quoi qu’il vous en coûtera, quoi qu’il nous en coûtera.

Poudre aux yeux!

Ce postulat est bien trop facile et est évidement une tactique -quoi que habile- qui reste complètement irresponsable car elle dédouane les pouvoirs publics de leurs responsabilités sur l’échec de ses politiques de prévention et d’information. Aujourd’hui, nous savons tant de cette maladie, si l’information ne passe pas, c’est bien qu’il y a une couille dans le potage!

Si j’étais polémique (non…!) je dirais même que l’État doit être rassuré, les séropositifs s’attaquent entre eux au lieu de demander des comptes au premier responsable! Celui qui baisse continuellement les crédits en matière de prévention et d’accompagnement des personnes séropositives.

Enfin, je doute que les juges soient suffisamment formés sur le sujet, savent ils parfaitement quelle est la vie et le vécu d’un séropositif? Si ces actions en justice doivent se multiplier, le Ministère de la Justice a-t-il le projet de mettre en place une formation à destination des Magistrats pour être à même de rendre la justice en connaissance de cause?

Faire croire que c’est aux seuls séropositifs qu’il revient de protéger l’autre est particulièrement « casse gueule ». La prévention est l’affaire de toutes et tous, des séropositifs comme des séronégatifs.

Ce n’est pas qu’aux séropositifs de demander la capote, mais aussi aux séronégatifs de la proposer.

Non classé | 17.08.2010 - 23 h 54 | 12 COMMENTAIRES
Pas de virus à l’Intérieur!

Le 23 octobre 2007, c’est le cœur battant que j’entre comme élève à l’École Nationale de Police de Nîmes. je suis frais, la tête pleine d’envie.

Après un parcours scolaire difficile, j’ai du mal à trouver ma voie professionnelle.

L’impasse!

Il y a des moments, des gens qui comme un éclair de lueur ont le mot qu’il faut, l’idée lumineuse… C’est ce que Marie Françoise aura. Cette femme voluptueuse, douée d’un charme sans faille et d’une fine intelligence me suggère de devenir policier. Imaginez le fou rire! N’étant bagarreur, taillé comme un stylo, je me demande bien pourquoi cette amie si intuitive décèle chez moi l’âme d’une future Julie Lescaut.

« Tu y a toute ta place! »

Ne trouvant pas l’idée si saugrenue que ça, je passe les concours de la police au grade d’Adjoint de Sécurité. je sors de la salle du jury avec les félicitations. L’aventure commence.

L’école de Police est une épreuve, je m’y suis élevé, renforcé… affirmé.

Après ma scolarité à Nîmes, j’intègre un commissariat de banlieue… je retrouve mon 9-3 natale.

Je suis sans ironie « aux anges »

L’activité professionnelle d’un policier est aléatoire, avec des hauts et des bas. le manque criant de moyens, la dévalorisation de la profession sont des facteurs n’arrangeant vraiment rien… mais voilà, le sentiment d’utilité, l’action, le service rendu alimente ma vacation.

Jusqu’au jour où le ciel m’est tombé sur la tête. Une personne m’a jeter -du 3ème étage tout de même- une bouteille de bière -Heineken… ma préférée!- sur la tête. Le passage aux UMJ (Unités Médicao-Judiciaires) étant furieusement rapide, je rentre chez moi avec mon mal de crâne. le lendemain matin ma migraine étant encore là, je vais voir mon médecin, c’est elle qui va diagnostiquer ma séropositivité.

Je reprends le service deux jours après… Que vais je faire? Que vais je dire?

Je demande à rencontrer la représentante de mon syndicat, je lui explique la situation -merde visiblement elle panique intérieurement- elle va se renseigner sur la suite… Je sens d’avance que je vais vivre un grand moment de démocratie professionnelle… Deux jours plus tard, elle me dit que je dois prendre rendez vous avec le Médecin Chef de la Préfecture de Police de paris… -oulà… ça commence à ne pas sentir bon tout ça…!- Pourquoi voir un autre médecin alors que je suis déjà suivi? Qui d’ailleurs me met entre temps sous tri-thérapie.

Lors de mon entretien avec le Médecin Chef, cet homme visiblement bien éduqué, possédant une petite moustache cachant malicieusement une autorité naturelle, je découvre ce jour là qu’il va sans cesse droit au but, sans ménagement. je suis là pour une exemption temporaire de voie publique attendant que mon traitement se stabilise compte tenue qu’assurer une patrouille de trois heures sans toilettes à proximité peut relever du risqué, je ne vais pas être déçu!

N’allant pas par quatre chemins, il m’annonce que je vais définitivement quitter le terrain: « Comprenez moi, vous êtes dangereux »

Et non justement je ne comprends pas!

Les Adjoints de Sécurité sont l’adaptation des emplois jeune dans la police, un concours interne existe permettant aux « ADS » de devenir Gardien de la Paix.

Le médecin est persuadé que je risque de contaminer une personne lors d’une intervention. A croire que le sang coule à flot lors des interventions. Celui ci m’annonce -encore une fois- qu’il s’opposera à ce que je passe le concours interne.

Du jour au lendemain je me retrouve dans un bureau, et sans perspective d’avenir.

Je quitte en 2009 la police avec le sentiment d’avoir été un bon policier ayant servit honorablement l’institution tout en  gardant les valeurs démocratique et humaines qui sont les miennes.

J’y ai rencontré des fonctionnaires de grandes valeurs, compréhensifs car ils savaient eux aussi mais n’ont pas jugé « mon truc en + ».

Non classé | 21.04.2010 - 19 h 09 | 5 COMMENTAIRES
L'homme d'une génération.

Il a vécu une période d’insouciance, il s’en est allé cette nuit rejoindre « les autres ».

J’ai eu le plaisir de rencontrer Jean Le Bitoux dans le cadre associatif, il fut un militant comme moi, il a été mon formateur, il est devenu un pote. Un mentor presque.

La perte de Jean a pour moi un double sens, politique et affectif.

Je perd aujourd’hui une personne qui fut là quand j’avais des doutes concernant mon vih, il m’a rassuré.

Politiquement, Jean est l’un des piliers du mouvement revendicatif homosexuel, il en fut un acteur, voir un initiateur. Son expérience était riche, il l’a partagé avec la nouvelle génération de militant qui sont arrivés après lui. Il avait conscience que la transmission du savoir, des expériences et des vécus était importante.

Fin des années 70 il créé Gai Pied, la presse LGBT d’aujourd’hui peut le remercier… il a ouvert la voie. Il faut remettre dans le contexte de l’époque… l’homosexualité est encore un délit, il passera outre, et nombres d’intellectuels seront à ses cotés. Il sera une cheville ouvrière de la « conscientisation politique » des homosexuels, en faisant ouvrir les yeux de ceux-ci via les articles de Gai Pied.

Son combat le plus remarqué fut celui vis à vis de la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale, là aussi nous lui devons beaucoup. C’est aussi grâce a lui si aujourd’hui des municipalités (trop peu encore) honorent la mémoire de ces déportés.

Ardent défenseur de la vérité historique, il a été là, au bon moment, afin de rappeler qu’une fois mort, seul les vivants peuvent défendre la mémoire de ces oubliés… nos oubliés!

Jeune homosexuel séropositif, je dois, nous lui devons beaucoup. Gardons en mémoire ce que d’autres ont fait, pour nous, pour eux, pour tous. Il était de ceux là, ne l’oublions pas.

Jean et moi partageons la même maladie… il s’en est allé avant moi.

A bientôt Jean.

Non classé | 03.04.2010 - 10 h 53 | 15 COMMENTAIRES
Un garçon en +

En apprenant ma séropositivité, j’étais persuadé de la vivre seul. Pourquoi un autre garçon voudrait partager (avec moi) le quotidien d’une maladie qui n’apporte que des tracas.

La vie n’étant pas une long fleuve tranquille, en septembre dernier, je rencontre un garçon. Un joli brun au regard mystérieux, pas très causant… mais là est son charme.

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La vie est faite de hauts et de bas, c’est à nous d’en faire ce que nous voulons.

En apprenant ma séropositivité, j’étais persuadé de la vivre seul. Pourquoi un autre garçon voudrait partager (avec moi) le quotidien d’une maladie qui n’apporte que des tracas.

La vie n’étant pas une long fleuve tranquille, en septembre dernier, je rencontre un garçon. Un joli brun au regard mystérieux, pas très causant… mais là est son charme.

Coup de foudre!

Dès la première rencontre je lui parle de ma séropositivité, étonnement il ne dit rien, pour lui « c’est pas un problème »… décidément, ce garçon est talentueux!

Nous nous revoyons, encore et encore. Il n’est pas idiot de considérer que notre couple commence à s’installer. C’est là qu’un mot me vient en tête: le futur. Putain de mot, il fallait qu’il arrive celui là. Comment va être le futur avec lui, avec moi et avec mon vih? Il me rassure, m’accompagne, il est toujours là.

A l’époque, je n’étais pas sous trithérapie, je n’y arrivais pas, c’était trop dur, trop tout.

Ma santé décline.

C’est là que les choses deviennent difficiles, je suis fatigué et lui s’inquiète. Je décide d’accepter une trithérapie… pas bien convaincu, mais énormément soutenu. Il est toujours là. Mon médecin m’annonce que j’ai contracté un sarcome de Kaposi (je suis très nostalgique des années 80, mais pas à ce point là…), mon copain prend peur, mais il est encore là.

La présence du vih dans un couple sérodiscordant, sérodifférent peut importe le mot, doit constamment rester dans un coin de la tête sans forcément être source… de prise de tête.

Faire comme l’écran d’ordinateur…  je reste en mode veille.

Je ne veux pas que mon vih soit un sujet récurrent dans notre vie, mais pourtant il est là, il implique pour moi -et donc maintenant pour nous- des contraintes. Allons-nous y faire face? Va-t-il supporter le fait que jamais nous n’aurons la possibilité de faire comme certains couples un test afin de ne plus utiliser de préservatifs. Et moi? Si la capote pète? Comme vais-je réagir? Si je le contamine… certes le sentiment de culpabilisation chez les pieds noir (vous vous souvenez… ma mère est de Tunisie) est un sentiment transmis dès le biberon, mais bon… là si je pouvais m’en passer…

Construire un couple n’est pas facile en général, je commence à me dire que le caillou dans la chaussure commence à prendre un peu trop de place.

Nous avons lui et moi nos questions, nos peurs et nos interrogations sur la place de la maladie dans notre couple, des fois nous en parlons, à d’autres moments il peut s’installer des silences, mais finalement, l’amour ne doit-il pas toujours triompher?

J’ai souvent pensé que ce genre de questions étaient l’apanage des séropositifs: la maladie, la mort, les médicament, les médecins… l’hôpital…

Il faut se rendre à l’évidence… non. La mort et la maladie font partie de nos vies à toutes et à tous.

Nous ne faisons que prendre de l’avance sur le futur, car un jour, tout les couples y viennent aussi. Non pas –forcément– à cause du vih, mais tout simplement à cause des année en +.

Non classé | 15.03.2010 - 16 h 04 | 4 COMMENTAIRES
Des logements en +.

La trêve hivernale prend fin. Les expulsions du logement peuvent reprendre. C’est particulièrement grave pour les séropositifs.

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Nous sommes le lundi 15 mars, la trêve hivernale prend fin.

Les personnes redeviennent expulsables du logement qu’elles occupent, les séropositifs aussi.

Pourquoi parler de logement sur un blog consacré au sida?

Tout simplement parce qu’il est reconnu que la situation sociale d’une personne séropositive a un lien important avec sa propre santé physique.

Ce sujet pose la question de la prise en charge d’une personne séropositive, celle ci est médicale mais aussi sociale. Dans les deux cas, elle est généralement individuelle, nous sommes tellement obnubilés par le sacro-saint secret professionnel que nous en oublions une chose importante. Certes, il s’agit là d’individus, mais ces individus forment une sorte de communauté. Noir, blanc (ou autre chose), hétéro, LGBT (et ceux qui ne savent pas), à carreaux ou à petits poids (ou uni): nous sommes séropositifs, nous avons les mêmes besoins, les mêmes inquiétudes, les même interrogations. Sortons de l’entretien en tête à tête avec le médecin pour mettre en commun nos solutions.

Il n’y a rien de pire que l’instabilité (en général) pour prendre correctement un traitement (en particulier). Permettre à une personne séropositive d’avoir un logement (social ou non) est un élément important pour l’amélioration de sa santé. La mise en place d’un protocole de traitement est un mécanisme complexe où l’ensemble des maillons de la chaine doivent suivre au risque que tout s’écroule.

C’est pour cela qu’il est important de connaître ses droits en la matière, c’est pour cela qu’il est important que les pouvoirs publics soient audacieux sur le sujet. C’est pourquoi il est important que nous ayons un toit.

C’est une question de vie ou de mort.

Je ne me voile pas la face, la question du logement est un sujet difficile et complexe. Je ne suis pas du genre à me dire qu’il est possible de construire un million de logements (par an) en France car cela est matériellement (non pas financièrement) impossible. Il n’y a pas assez de main d’œuvre (en situation régulière ou non) en France. Mais ceux qui sont déjà dans un logement, ceux qui ont la tête à peine hors de l’eau, pourquoi les écraser? Pourquoi leur faire mettre le dernier genou qu’ils n’avaient pas à terre? Cette fin de trêve hivernale va donner lieu à des situations catastrophiques socialement et médicalement. Le simple fait de vivre un stress peut être un facteur de risque, c’est déstabiliser une personne: les procédures d’expulsion sont déstabilisantes.

Aujourd’hui je suis en colère.

Il faut à tout prix un moratoire sur les expulsions, que les mécanismes existant soient perfectionnés, car avant de faire plus, il faut faire mieux. Ces dispositifs sont lourds, ils sont contraignants, comme les trithérapies. Il est difficile de demander à une seule personne de tout supporter car la fragilité sociale d’une personne séropositive est grande.

Aujourd’hui je suis solidaire de mes frères et sœurs séropositif-ve-s pour qui un toit, ce n’est pas qu’un truc en +.

NB: En cas de menace d’expulsion, les deux premières choses à faire, c’est de prendre contact avec le service social de votre commune et de ne pas hésiter à prendre rendez vous avec l’élu en charge du logement de votre ville. Ils travaillent souvent ensemble, selon les situations ils sont à même de pouvoir vous aider.

Non classé | 23.01.2010 - 10 h 40 | 10 COMMENTAIRES
La parole est d’argent et le silence est de mort.

Il n’était pas dans mon intention d’utiliser ce blog pour des réactions « à chaud ». La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Au début de l’épidémie de sida, au delà de la maladie en elle-même, un autre fléau est survenu : l’indifférence.

Une vraie bombe sociale.

Les amis de mes amis sont tombés comme des mouches. Après leur décès, ceux-ci ont voulu leur rendre hommage. C’était sans compter sur les familles des défunts qui en gardien du temple de la mémoire de leurs enfants ne voulaient pas que la séropositivité de ceux-ci soit connue. Recalés au deuxième, troisième voire dernier rang lors des funérailles… quand ils avaient le droit d’être là. Des « tolérés ». Nombre de conjoints qui avaient commencé depuis peu ou depuis des années une vie commune se sont du jour au lendemain retrouvés à la rue. Des situations humainement inacceptables qui ont transformé des deuils en rage.

Le sida révélateur social.

A partir de là, il n’était plus question de lutter uniquement pour que les malades ne soient plus des morts en devenir, mais bien de faire prendre conscience aux gens de la situation que pouvait vivre une partie des membres de la communauté nationale, principalement des homosexuels à l’époque. Un mouvement militant allait naître de cette rage.

Un bond de 20 ans en arrière.

Depuis quelques jours en France, deux personnalités séropositives sont mortes. Le traitement médiatique autour de leur mort ont été diamétralement opposé. Elles ne sont visiblement pas mortes du sida, comme le veut la doctrine médicale à ce jour, mais il est clair que la présence du vih ne fut pas un bien à leur état de santé… mais là, je m’avance beaucoup sans connaître les tenants et aboutissants qui tiennent au droit -légitime- du secret médical. Il n’en demeure pas moins, ils étaient séropositifs.

Quand Mano Solo est mort, j’étais en deuil.

Je me suis reconnu en lui, en me demandant si moi aussi un jour j’allais faire une rupture d’anévrisme, les traitements étant certes efficaces mais lourds de conséquences sur le bon fonctionnement normal de mon corps, il m’est très vite apparu qu’un jour, un truc clocherait. Il fallait m’y préparer. Le deuil passé, j’ai repris mon calme et me suis dis qu’il n’était peut-être pas encore utile de me pourrir l’esprit.

Quand Daniel Ben Said est mort, j’étais en rage.

Je me suis rappelé de ce que mes amis plus âgés m’avaient raconté. Au mieux je prenais ça pour une légende urbaine, au pire comme une histoire de vieilles grands-mères normandes qui me parlaient de temps ancestraux, et qui vraiment parfois radotaient un peu trop. En 2010 nous pouvons encore mourir d’une « longue maladie ». J’enrage!

Un jour je vais mourir aussi.

Ces deux décès m’ont rappelé que moi aussi je devrai mourir, d’une longue maladie ou bien écrasé par un automobiliste en retard pour le diner préparé par sa femme. Il n’en demeure pas moins que dans les deux cas, je serais toujours séropositif. Le décès d’un être cher (ou en solde) est toujours un moment difficile qui n’ouvre pas forcément aux comportement les plus rationnels. J’ai eu a vivre moi même un décès familial très douloureux, celui de mon grand-père. Il est lui aussi mort d’une très longue maladie, entouré des gens qu’il aimait, mais dans une -presque- indignité. Il souffrait le martyr. Il avait pris des dispositions écrites, ma grand-mère a jugé bon de ne pas toutes les suivre. Preuve qu’il n’est pas forcément bon de laisser le soin aux vivants de s’occuper de « votre après ». Maitriser le présent est déjà suffisamment difficile.

Devenir, vivre et mourir séropositif, compte tenu de la situation de la maladie, donne presque implicitement des devoirs particuliers aux malades et à son entourage, celui d’assumer la maladie, au moins quand survient la mort. Comment faire de la prévention concernant une maladie qui n’est jamais nommée.

Je sais bien que cela peut paraître choquant, mais je l’assume. Je fais de facto parti d’une « communauté de destin » qui a eu un passé, qui a un présent et qui nous le souhaitons tous aura un avenir… Il m’est insupportable d’imaginer que si j’avais un entourage familial hostile à ma maladie, mes compagnons de route ne puissent pas haut et fort crier que j’étais séropositif. Il est compréhensible pour une personne de son vivant de ne pas faire état de sa maladie. Elle implique encore trop de difficultés.

Mais de le dire après, pour lui, n’est ce pas rendre justice?

Dans un monde où le politiquement correct est de mise, il est à craindre qu’un jour, nous ne dirons plus que tel ou tel est mort « d’une longue maladie », mais simplement « avec un truc en + ».

Non classé | 20.01.2010 - 19 h 28 | 5 COMMENTAIRES
J'assume donc je suis!

J’ai dit à mes parents et à mes ami(e)s que j’aimais les hommes à l’âge de 15 ans, me revoilà quelques années après devant le même dilemme.

Je vais devoir assumer mon statut sérologique.

L’annonce à ma mère ne fut pas chose facile mais je l’ai fait, l’avoir dit à ma grand mère pied-noir impliquait forcément que toute la famille allait l’être, c’est un peu impersonnel mais au moins, c’est rapide et ça facilite les choses. Un régiment de psychothérapeutes, une tonne de mouchoirs et le temps faisant,  la famille est maintenant un soutien.

La famille est un groupe complexe, il est des fois persuadé de faire votre bonheur… à vos dépends. Il fut difficile pour moi d’expliquer mais surtout de faire comprendre que ma maladie m’appartient, et que je suis seul à décider de ce que je faisais. Des engueulades, des pleurs, mais j’ai gagné cette bataille. Je ne ferais rien pour leur faire plaisir, mais bien pour moi…

Les ami(e)s, c’est pas compliqué, s’ils ne sont pas un soutien, ils ne sont pas des ami(e)s. Je dois avouer que sur ce plan là, mes ami(e)s sont tous restés mes ami(e)s. Il faut noter le grand étonnement général à l’annonce de ma séropositivité, nombre furent très étonné(e)s, j’étais très sensibilisé aux questions de vih. Comme quoi certes, ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés, mais surtout il ne suffit que d’une fois…

Il reste les amants…

Aiment-ils vos fesses pour ce qu’elles sont, ou pour ce qu’ils pensent qu’elles sont… ? J’ai tout de suite eu le réflexe de parler de ma séropositivité à mes amants. Les réactions ont été aussi variées que pouvaient être mes amants. Les questions plus ou moins maladroites, des fois blessantes… « tu comprends j’ai une enfant, je ne peux pas prendre de risques ». A croire que lui faire partager cette information sous entendait que je voulais partager mon vih avec lui…

Il y a celui,  qui pour faire passer plus facilement le fait de ne plus vouloir coucher avec moi à cause de ça, m’a dit « mais nous resterons amis quand même, t’es un garçon gentil ». Et bien justement non, pas tout le temps, la preuve : « tu peux aller te faire f***** ». un amant, reste un amant, je ne couche pas avec mes amis et je ne suis pas ami avec ceux qui ont couché avec moi. Je n’arrivais pas à comprendre les réactions négatives vis à vis de ma séropositivité. Non pas par principe, les principes ne reposant sur rien, je ne voulais pas que ce postulat ne repose lui aussi sur rien. Je me suis rappelé d’une chose assez bête…

J’ai été séronégatif !

Quand j’étais séronégatif, je fus confronté moi même à la situation du plan cul de la nuit me disant entre deux pipes « au fait, il faut que je te dise je suis séro+… » ma réaction était sans appel :

« So what darling ? Le latex est là!! ».

J’ai essayé de lui faire comprendre que le préservatif n’est pas uniquement là pour le protéger,  bah ouai, je pense à moi des fois, la capote est là pour que je ne me pose pas de question sur lui… et son statut sérologique. Il me jeta un joli sourire en me disant « one point ! » .

Sans prendre de risque, nous avons pris notre pied ! ;o)

Puisque moi même je ne portais pas de jugement, pourquoi les autres pourraient se permettre de juger « mon truc en + » .

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