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MON TRUC EN +
Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
Non classé | 15.03.2010 - 16 h 04 | 4 COMMENTAIRES
Des logements en +.

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Nous sommes le lundi 15 mars, la trêve hivernale prend fin.

Les personnes redeviennent expulsables du logement qu’elles occupent, les séropositifs aussi.

Pourquoi parler de logement sur un blog consacré au sida?

Tout simplement parce qu’il est reconnu que la situation sociale d’une personne séropositive a un lien important avec sa propre santé physique.

Ce sujet pose la question de la prise en charge d’une personne séropositive, celle ci est médicale mais aussi sociale. Dans les deux cas, elle est généralement individuelle, nous sommes tellement obnubilés par le sacro-saint secret professionnel que nous en oublions une chose importante. Certes, il s’agit là d’individus, mais ces individus forment une sorte de communauté. Noir, blanc (ou autre chose), hétéro, LGBT (et ceux qui ne savent pas), à carreaux ou à petits poids (ou uni): nous sommes séropositifs, nous avons les mêmes besoins, les mêmes inquiétudes, les même interrogations. Sortons de l’entretien en tête à tête avec le médecin pour mettre en commun nos solutions.

Il n’y a rien de pire que l’instabilité (en général) pour prendre correctement un traitement (en particulier). Permettre à une personne séropositive d’avoir un logement (social ou non) est un élément important pour l’amélioration de sa santé. La mise en place d’un protocole de traitement est un mécanisme complexe où l’ensemble des maillons de la chaine doivent suivre au risque que tout s’écroule.

C’est pour cela qu’il est important de connaître ses droits en la matière, c’est pour cela qu’il est important que les pouvoirs publics soient audacieux sur le sujet. C’est pourquoi il est important que nous ayons un toit.

C’est une question de vie ou de mort.

Je ne me voile pas la face, la question du logement est un sujet difficile et complexe. Je ne suis pas du genre à me dire qu’il est possible de construire un million de logements (par an) en France car cela est matériellement (non pas financièrement) impossible. Il n’y a pas assez de main d’œuvre (en situation régulière ou non) en France. Mais ceux qui sont déjà dans un logement, ceux qui ont la tête à peine hors de l’eau, pourquoi les écraser? Pourquoi leur faire mettre le dernier genou qu’ils n’avaient pas à terre? Cette fin de trêve hivernale va donner lieu à des situations catastrophiques socialement et médicalement. Le simple fait de vivre un stress peut être un facteur de risque, c’est déstabiliser une personne: les procédures d’expulsion sont déstabilisantes.

Aujourd’hui je suis en colère.

Il faut à tout prix un moratoire sur les expulsions, que les mécanismes existant soient perfectionnés, car avant de faire plus, il faut faire mieux. Ces dispositifs sont lourds, ils sont contraignants, comme les trithérapies. Il est difficile de demander à une seule personne de tout supporter car la fragilité sociale d’une personne séropositive est grande.

Aujourd’hui je suis solidaire de mes frères et sœurs séropositif-ve-s pour qui un toit, ce n’est pas qu’un truc en +.

NB: En cas de menace d’expulsion, les deux premières choses à faire, c’est de prendre contact avec le service social de votre commune et de ne pas hésiter à prendre rendez vous avec l’élu en charge du logement de votre ville. Ils travaillent souvent ensemble, selon les situations ils sont à même de pouvoir vous aider.

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