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MON TRUC EN +
Les dessus et dessous - chic - d'un virus, par Kévin Gagneul
Non classé | 03.04.2010 - 10 h 53 | 15 COMMENTAIRES
Un garçon en +

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La vie est faite de hauts et de bas, c’est à nous d’en faire ce que nous voulons.

En apprenant ma séropositivité, j’étais persuadé de la vivre seul. Pourquoi un autre garçon voudrait partager (avec moi) le quotidien d’une maladie qui n’apporte que des tracas.

La vie n’étant pas une long fleuve tranquille, en septembre dernier, je rencontre un garçon. Un joli brun au regard mystérieux, pas très causant… mais là est son charme.

Coup de foudre!

Dès la première rencontre je lui parle de ma séropositivité, étonnement il ne dit rien, pour lui « c’est pas un problème »… décidément, ce garçon est talentueux!

Nous nous revoyons, encore et encore. Il n’est pas idiot de considérer que notre couple commence à s’installer. C’est là qu’un mot me vient en tête: le futur. Putain de mot, il fallait qu’il arrive celui là. Comment va être le futur avec lui, avec moi et avec mon vih? Il me rassure, m’accompagne, il est toujours là.

A l’époque, je n’étais pas sous trithérapie, je n’y arrivais pas, c’était trop dur, trop tout.

Ma santé décline.

C’est là que les choses deviennent difficiles, je suis fatigué et lui s’inquiète. Je décide d’accepter une trithérapie… pas bien convaincu, mais énormément soutenu. Il est toujours là. Mon médecin m’annonce que j’ai contracté un sarcome de Kaposi (je suis très nostalgique des années 80, mais pas à ce point là…), mon copain prend peur, mais il est encore là.

La présence du vih dans un couple sérodiscordant, sérodifférent peut importe le mot, doit constamment rester dans un coin de la tête sans forcément être source… de prise de tête.

Faire comme l’écran d’ordinateur…  je reste en mode veille.

Je ne veux pas que mon vih soit un sujet récurrent dans notre vie, mais pourtant il est là, il implique pour moi -et donc maintenant pour nous- des contraintes. Allons-nous y faire face? Va-t-il supporter le fait que jamais nous n’aurons la possibilité de faire comme certains couples un test afin de ne plus utiliser de préservatifs. Et moi? Si la capote pète? Comme vais-je réagir? Si je le contamine… certes le sentiment de culpabilisation chez les pieds noir (vous vous souvenez… ma mère est de Tunisie) est un sentiment transmis dès le biberon, mais bon… là si je pouvais m’en passer…

Construire un couple n’est pas facile en général, je commence à me dire que le caillou dans la chaussure commence à prendre un peu trop de place.

Nous avons lui et moi nos questions, nos peurs et nos interrogations sur la place de la maladie dans notre couple, des fois nous en parlons, à d’autres moments il peut s’installer des silences, mais finalement, l’amour ne doit-il pas toujours triompher?

J’ai souvent pensé que ce genre de questions étaient l’apanage des séropositifs: la maladie, la mort, les médicament, les médecins… l’hôpital…

Il faut se rendre à l’évidence… non. La mort et la maladie font partie de nos vies à toutes et à tous.

Nous ne faisons que prendre de l’avance sur le futur, car un jour, tout les couples y viennent aussi. Non pas –forcément– à cause du vih, mais tout simplement à cause des année en +.

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